Open Access
Issue
Climatologie
Volume 8, 2011
Page(s) 9 - 25
DOI https://doi.org/10.4267/climatologie.202
Published online 09 October 2015

© Association internationale de climatologie 2011

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Introduction

Coincées entre l’escarpement côtier et la mer, les routes du nord de la Gaspésie (figure 1) sont directement exposées à plusieurs types de mouvements de masse, incluant les avalanches de neige (Hétu et Gray, 2000; Hétu, 2007). Chaque hiver des avalanches de neige obstruent partiellement ou complètement la chaussée, causant parfois des accidents (figure 2).

thumbnail Figure 1

Localisation de la région d’étude (en médaillon) et secteurs d’inventaire du Ministère des Transports du Québec. Location of the study area (insert) and inventory sectors used by the Transport Ministry of Quebec. Source : Hétu (2007).

thumbnail Figure 2

La route 132 en hiver. Des avalanches et des congères de neige soufflée par le blizzard obstruent fréquemment la circulation. Assurer l’intégrité de cette artère vitale qui n’est pas éclairée la nuit en dehors des villages représente un véritable défi. Source : Ministère des Transports du Québec. Route 132 during winter. Avalanches and snowdrifts created by blizzards frequently block traffic. Source: Ministry of Transport, Quebec.

Le dépouillement des archives régionales a permis de retracer trois décès survenus dans des accidents routiers provoqués par des avalanches (Hétu, 2009). Au début du 20ème siècle, une maison située entre la route 132 et le pied du mont Saint-Pierre a été renversée par une avalanche. Ses occupants, une femme et ses deux enfants, en sont sortis indemnes. Ces accidents témoignent du risque encouru par les personnes qui circulent et habitent dans les corridors routiers du nord de la Gaspésie. Les routes 132 et 198 entre Sainte-Anne-des-Monts et Grande-Vallée y sont particulièrement exposées (Transport Québec, 2005). La route 132, seul lien entre les villages du nord de la Gaspésie, est une artère vitale, autant pour l’approvisionnement que pour le maintien des services essentiels (évacuation médicale, police, pompiers, transport des denrées alimentaires, etc.). Il est donc important d’acquérir des connaissances sur les avalanches qui affectent les routes nord-gaspésiennes. Cette étude a trois objectifs : 1) caractériser le climat nord-gaspésien dans une perspective avalancheuse, c’est-à-dire tenter de dégager les caractéristiques du climat régional qui favorisent l’activité avalancheuse; 2) identifier les conditions météorologiques propices au déclenchement des avalanches de neige dans ce climat hybride qui conjugue les influences maritimes et continentales; 3) localiser les principales zones à risque.

1. Les travaux antérieurs

La première mention écrite sur les avalanches en Gaspésie est un compte rendu d’accident paru le 1er février 1935 dans LAction Catholique (p. 8) lors du décès d’un ouvrier enfoui par une coulée de neige au pied du mont Saint-Pierre (Hétu, 2007, 2009). Deux autres accidents routiers mortels causés par des avalanches ont par la suite été rapportés dans les journaux, soit La Voix Gaspésienne du 2 février 1956 et Le Soleil du 21 décembre 1971 (Hétu, 2007). Le premier article scientifique signalant l’existence de couloirs d’avalanches en Gaspésie a été publié en 1959 (Gaumond et Hamelin, 1960). Il faut ensuite attendre la fin des années 1980 avant que soient réalisées les premières études portant sur l’impact géomorphologique des avalanches (Hétu, 1986, 1990, 1991, 1995; Hétu and Vandelac, 1989). Les pentes avalancheuses du nord de la Gaspésie ont été cartographiées à différentes échelles (Girard et Hétu, 1989; Veillette et Cloutier, 1993; Talbot, 2002; Transports Québec, 2005; Lemieux, 2007). La fréquence à long terme des avalanches a été déterminée par dendrochronologie dans quinze couloirs d’avalanches du nord de la Gaspésie (Boucher et al., 2003; Dubé et al., 2004; Germain et al., 2005, 2009, 2010). Ces études démontrent que les grosses avalanches y sont relativement fréquentes. Dans la zone côtière, où sont localisés les routes et les villages, les années de forte activité avalancheuse se distinguent par des chutes de neige largement supérieures à la moyenne (Dubé et al., 2004).

À ce jour, deux études seulement ont tenté de cerner les scénarios météorologiques propices au déclenchement des avalanches dans le nord de la Gaspésie, la première à partir d’un inventaire des avalanches qui se sont abattues sur les routes 132 et 198 entre 1987 et 1993 (Hétu, 2007), et la seconde, plus spéculative, à partir de données dendrochronologiques (Germain et al., 2009). La banque de données analysée par Hétu (2007) ne comprenait que 19 avalanches réparties en 15 journées avalancheuses. Elle a tout de même permis de dégager deux principaux régimes avalancheux : un régime printanier associé à la fonte, à la pluie et au démantèlement des carapaces de glace qui se forment sur les parois rocheuses durant l’hiver et un régime hivernal modulé par les tempêtes de neige. La nouvelle banque de données produites par le Ministère des Transports du Québec (MTQ) comprend 22 journées avalancheuses réparties sur trois hivers (2004-2006), pour un total de 141 avalanches. Comme nous le verrons ci-dessous, l’analyse du climat hivernal (normales et extrêmes) qui prévaut dans le nord de la Gaspésie et, plus particulièrement, de cette nouvelle banque de données sur les avalanches, a permis de préciser les scénarios avalancheux établis par Hétu (2007).

2. Région d’étude

2.1. Relief et pentes avalancheuses

Le secteur étudié est situé dans le nord de la Gaspésie entre Tourelle et Grande-Vallée (figure 1). Le relief du nord de la Gaspésie est dominé par un vaste plateau incisé par des vallées profondes et étroites, bordées de versants raides. Du côté de l’estuaire, le plateau est brusquement recoupé par un escarpement de 200 à 400 m de dénivelée suivant les secteurs (figures 3 et 4). Ce relief accidenté et très compartimenté ne laisse que très peu de place au réseau routier. À plusieurs endroits, les routes sont situées directement au pied des pentes avalancheuses. Le long du littoral (route 132), les pentes avalancheuses sont orientées vers le nord (0o ±45o), tandis que dans la vallée de l’Anse-Pleureuse (route 198), elles sont orientées vers le sud-ouest.

thumbnail Figure 3

L’escarpement côtier nord-gaspésien près de Mont-Saint-Pierre (secteur 100). La route 132 est coincée entre un talus d’éboulis avalancheux et l’estuaire. Source : P. Gauthier, du Centre d’avalanche de la Haute-Gaspésie. Coastal cliffs of the Northern Gaspé near Mount St. Pierre (sector 100). Route 132 is located between an avalanche talus slope and the estuary.

Les pentes avalancheuses de la région peuvent être regroupées en deux catégories (figure 4) : 1) à l’est de Rivière-à-Claude, les avalanches se produisent principalement sur des talus d’éboulis, c’est-à-dire dans des environnements non confinés, très exposés à la déflation éolienne; 2) à l’ouest de Rivière-à-Claude, elles prennent naissance dans des couloirs étroits (< 15 m), encadrés par la forêt, généralement dominés en amont par une épaisse carapace de glace (jusqu’à 3 m d’épaisseur) formée par la congélation de l’eau hypodermique et hydrogéologique. Ces deux types de pentes avalancheuses, décrits en détail par Hétu (2007) et Gauthier (2008), n’ont pas la même représentation géographique. Alors que les talus d’éboulis sont très répandus, particulièrement à Mont-Saint-Pierre (figure 3), à l’Anse-Pleureuse et entre Gros-Morne et Manche-d’Épée (figure 4), les étroits couloirs à carapace de glace n’occupent au total qu’une très faible superficie.

thumbnail Figure 4

Les deux types de pentes avalancheuses : A) Un des nombreux talus d’éboulis du secteur 130; B) Un couloir à carapace de glace (secteur 60). La route 132 serpente au pied des pentes avalancheuses. Two types of avalanche slopes. Source : B. Hétu. (A) One of the numerous talus slopes of sector 130; (B) A corridor with a shell of ice at the summit (sector 60).

2.2. Le climat régional

Avec une température moyenne annuelle de 3°C et des précipitations annuelles avoisinant 800 mm – dont 35% environ tombant sous forme de neige – le climat de la zone côtière nord-gaspésienne appartient à la grande zone tempérée froide (classe Dfb) de la classification de Köppen (Gagnon, 1970). Mais cette classification un peu rigide cache une réalité difficile à saisir en quelques chiffres (tableau 1).

Tableau 1

Le climat hivernal du littoral nord-gaspésien. Source : Environnement Canada. The winter climate of the northern coast of the Gaspé.

Le nord de la Gaspésie possède en fait un climat que l’on pourrait qualifier d’hybride. Situé en position de moyenne latitude (49°N), sous la double influence des masses d’air arctiques et des dépressions en provenance de la côte atlantique des États-Unis et, par surcroît, dans un contexte qui juxtapose la montagne et l’estuaire du Saint-Laurent, la zone littorale nord-gaspésienne affiche un climat très contrasté où se conjuguent les influences maritimes, continentales et orographiques (Gagnon, 1970). Tous les mois d’hiver sont susceptibles de connaître des vagues de froid intense (jusqu’à -30°C), des tempêtes de neige (>30 cm en 24 heures selon la définition de Fortin et Hétu, 2009), des blizzards aveuglants, des redoux prolongés, des épisodes pluvieux et des pluies verglaçantes qui se succèdent à une cadence surprenante. Ces conditions changeantes engendrent un manteau neigeux complexe sur lequel nous n’avons malheureusement que peu d’information car, paradoxalement, il n’existe pas au Québec de programme de suivi des propriétés physiques du couvert nival.

La région côtière nord-gaspésienne est une région très ventée, d’abord en raison de la fréquence élevée des vents, mais aussi par leur intensité (Hétu, 1992; Environnement Canada, 2003; Eole, 2006). Les talus d’éboulis côtiers y sont tout particulièrement exposés, spécialement en hiver (Hétu et Vandelac, 1989). Les vents, qui soufflent fréquemment en rafales, peuvent dépasser 100 km/h lors des blizzards, entraînant une déflation éolienne très intense sur les talus d’éboulis. La neige est alors soufflée vers les forêts adjacentes, ce qui entraîne la mise à nu du pierrier, qui se dénude ainsi à plusieurs reprises au cours de l’hiver (Hétu et Vandelac, 1989). Ce régime d’enneigement particulier n’est pas sans influencer la dynamique des avalanches, caractéristique sur laquelle nous reviendrons.

3. Données et méthodes

3.1. Le climat hivernal nord-gaspésien

Les ‘normales climatiques’ produites par Environnement Canada ne sont pas suffisantes pour caractériser le climat hivernal dans une perspective avalancheuse. Fondées essentiellement sur les moyennes, elles masquent la grande variabilité météorologique qui caractérise le climat de la zone littorale nord-gaspésienne. Afin de mieux traduire cette variabilité, nous nous sommes livrés à une analyse statistique des données primaires récoltées sur un pas de temps quotidien par le service météorologique d’Environnement Canada. Les deux stations retenues pour ces analyses sont celle de Cap-Chat (49°06’33’’N, 66°39’16’’O; alt. 5 m; OMM 71428), à l’extrémité ouest du territoire (à une dizaine de kilomètres à l’ouest de Sainte-Anne-des-Monts), et celle de Cap-Madeleine (49°15’03’’N, 65°19’29’’O; alt. 29 m; OMM 71425), près de Madeleine-Centre (figure 1). Les analyses, réalisées sur une période minimale de 30 ans, ont porté plus spécifiquement sur :

  • la distribution statistique des précipitations hivernales (DJFMA) regroupées en classes de 5 mm EE (Équivalent en Eau);

  • la fréquence des Cycles Gel-Dégel (CGD), défini comme le passage d’une température minimale ≤ 0°C à une température maximale > 0°C au cours d’une même journée;

  • la quantité des précipitations reçues mensuellement au cours des trois hivers étudiés exprimée en pourcentage des précipitations ‘normales’ (anomalies positives ou négatives).

Les résultats obtenus permettent non seulement de mieux caractériser le régime climatique hivernal de la zone littorale nord-gaspésienne, mais également de vérifier si les trois hivers étudiés peuvent être considérés comme représentatifs des conditions ‘normales’.

3.2. Conditions propices au déclenchement des avalanches

Au Québec, il n’y aucun programme de suivi des propriétés physiques du manteau neigeux (stratigraphie, densité, formes cristallines, etc.). Cette lacune rédhibitoire limite la précision de nos analyses qui reposent essentiellement sur le croisement de deux sources de données : 1) l’inventaire des avalanches réalisé par le Ministère des Transports du Québec (MTQ); 2) les données météorologiques récoltées par les stations du réseau régulier d’Environnement Canada dont le mandat, rappelons-le, est de collecter des données sur les climats canadiens et non de mieux comprendre les avalanches.

3.2.1. L’inventaire des avalanches

Les données analysées découlent d’un inventaire des avalanches effectué au cours des hivers 2003-2004, 2004-2005 et 2005-2006 par les employés du Ministère des Transports du Québec. Toutefois, seul l’hiver 2005-2006 a fait l’objet d’un inventaire exhaustif (de décembre à avril). En 2004 et en 2005, les observations n’ont débuté qu’à la mi-février. L’inventaire des avalanches réalisé par le MTQ vise plus particulièrement deux segments de route distincts, soit la route 132 entre Tourelle et Grande-Vallée et la route 198 dans le secteur du lac de l’Anse-Pleureuse (figure 1). Les employés du MTQ ne considèrent que les avalanches qui touchent le réseau routier. Les petites avalanches qui s’arrêtent avant d’atteindre le pied des versants ne sont pas comptabilisées dans cet inventaire (Hétu et Vandelac, 1989). Afin de faciliter l’archivage des données, la zone d’inventaire a été subdivisée en douze secteurs numérotés dont la longueur varie entre 4,1 et 11,8 km, avec une moyenne de 8,8 km (figure 1). Mis bout à bout, ces douze secteurs totalisent 106,1 km.

Une fiche est produite pour chacune des avalanches inventoriées. Elle précise le numéro du secteur, la date et l’heure de l’avalanche (à moins d’une heure près), si elle a ou non causé un accident et enfin, une estimation de sa longueur. En fait, pour ce qui est de ce dernier paramètre, les fiches répertorient les avalanches en quatre classes : 1) celles qui se sont arrêtées aux abords de la route (sans autre précision), 2) celles qui se sont arrêtées sur l’accotement, 3) celles qui ont bloqué une voie seulement et 4) celles qui ont bloqué les deux voies. Les fiches ne contiennent aucune information concernant le type d’avalanche (neige humide/neige sèche; avalanche de plaque ou avalanche à départ ponctuel, etc.) et le volume de neige mobilisé. Les versants côtiers n’étant pas fréquentés par les adeptes des sports de glisse, les avalanches étudiées sont toutes d’origine naturelle.

3.2.2. Les données météorologiques

Afin de dégager des relations entre les conditions météorologiques et la dynamique des avalanches, deux types d’analyses ont été réalisées : 1) des analyses ‘graphiques’ mettant en relations les variables météorologiques et la distribution chronologique des journées avalancheuses; 2) des analyses statistiques discriminantes (moyenne, écart-type) comparant les journées avalancheuses et les journées non-avalancheuses.

4. Résultats

4.1. Analyse comparée des trois hivers étudiés par rapport aux ‘normales climatiques’

À défaut de données sur la neige, nous nous sommes livrés à une analyse ‘orientée’ des données collectées par Environnement Canada afin, d’une part, de mieux cerner les paramètres climatiques qui ont un impact sur le régime avalancheux nord-gaspésien et, d’autre part, de mieux cadrer les trois hivers étudiés. Le premier aspect considéré concerne le régime des précipitations.

La figure 5 et le tableau 2 fournissent des données sur la distribution des précipitations (EE mm) au cours des trois hivers étudiés.

thumbnail Figure 5

Le régime des précipitations hivernales (DJFMA) des trois hivers étudiés. Les précipitations sont exprimées en équivalent en eau (EE), avec le nombre de jours (ordonnées) avec des précipitations d’une intensité donnée (abscisses). Le chiffre au dessus des colonnes correspond aux valeurs moyennes, dites ‘normales’ (1970-2006 pour Cap-Chat; 1970-2008 pour Cap-Madeleine). Source : Environnement Canada. Pattern of winter precipitation (djfma), 2003-2006. Precipitation results are expressed in water-equivalent. The number above the columns is the mean value or « normal » (1970-2006 for Cap-Chat; 1970-2008 for Cap-Madeleine).

Tableau 2

Précipitations hivernales totales enregistrées à la station de Cap-Madeleine, 2003-2006. Source : Environnement Canada. Total winter precipitation observed at Cap-Madeleine station, 2003-2006.

Nous en dégageons les constats suivants :

  • À deux exceptions près (janvier 2006 et mars 2006), tous les mois de la période considérée affichent des anomalies positives pouvant dépasser 100%, la moyenne des trois hivers étant de +46,9%.

  • Une analyse attentive de la figure 5 révèle que ces anomalies positives sont principalement attribuables à un accroissement de la fréquence des faibles précipitations (>0≤5 mm EE), particulièrement en 2004-2005 et en 2005-2006, mais on note également une augmentation significative du nombre des fortes précipitations (par exemple durant les hivers 2003-2004 et 2005-2006 à Cap-Madeleine et durant l’hiver 2004-2005 à Cap-Chat), en particulier les plus intenses. Pour les précipitations >30 mm EE, mentionnons, dans le cas de Cap-Madeleine, les deux tempêtes de neige majeures de l’hiver 2003-2004 et les trois tempêtes de l’hiver 2005-2006 (alors que la moyenne est de 0,4 événement de ce type par hiver). Autre exemple, les données de la station de Cap-Madeleine révèlent quatre épisodes >15≤20 mm EE au cours des hivers 2003-2004 et 2004-2005, alors que la moyenne est de 1,9 événements de ce type à chaque hiver.

Le second paramètre considéré est le nombre de Cycles Gel-Dégel (CGD) observé au cours des mois d’hiver (DJFMA). Chaque hiver enregistre en moyenne 42,7 CGD, chiffre relativement élevé qui traduit parfaitement la variabilité climatique qui caractérise le climat gaspésien. Tous les mois d’hiver sont ponctués de redoux (CGD), souvent accompagnés de pluie (figure 6). Pour ce qui est de la représentativité des trois hivers étudiés, nous constatons que les hivers 2004-2005 et 2005-2006 ne diffèrent guère de la moyenne. En revanche, avec ses 54 CGD, l’hiver 2003-2004 est nettement au-dessus de la moyenne. Ce sont les mois de décembre et d’avril qui montrent les différences les plus marquées.

thumbnail Figure 6

Variabilité du nombre de cycles gel-dégel entre 1970 et 2008 à Cap-Chat. La moyenne annuelle est de 42,7. Les trois hivers étudiés sont soulignés. Source : Environnement Canada. Variability of the number of Freeze-Thaw cycles between 1970 and 2008 at Cap Chat. The annual mean is 42.7.

Les résultats présentés ci-dessus soulignent la grande variabilité climatique des hivers de la zone littorale nord-gaspésienne, tant au niveau des précipitations que du régime des températures. Ils soulignent également le caractère singulier des trois hivers étudiés en ce qui concerne les précipitations, tant au niveau des totaux mensuels que de la fréquence des grosses chutes de neige.

4.2. Les conditions météorologiques propices au déclenchement des avalanches

Le tableau 3 fournit la liste des journées avalancheuses pour chacun des trois hivers considérés, le nombre d’avalanches recensées pour chacune d’elles, le nombre de secteurs affectés, ainsi qu’un résumé des principaux paramètres météorologiques. Les stations de Cap-Chat et de Cap-Madeleine ne fournissent que l’équivalent en eau des précipitations. Il est donc difficile d’apprécier l’impact respectif des précipitations solides et liquides dans le déclenchement des avalanches. Il n’est pas rare dans le contexte gaspésien que l’on passe de la neige à la pluie au cours d’une même journée suivant l’évolution des températures (Hétu et Vandelac, 1989). Nous assumons qu’elles sont demeurées solides lorsque la température minimale quotidienne est restée sous le point de congélation.

Tableau 3

Journées avalancheuses, nombre d’avalanches observées, nombre de secteurs affectés, précipitations le jour de l’avalanche (jA), la veille (jA-1) et l’avant-veille (jA-2), ainsi que les températures maximale et minimale observées à Cap-Chat le jour de l’avalanche. Source : Environnement Canada. Avalanche days, number of avalanches observed, number of sectors affected, precipitation on the day of the avalanche (jA), the day before (jA-1) and two days before (jA-2), maximum and minimum temperatures observed at Cap-Chat during the day of the avalanche.

Ce qui frappe à l’examen du tableau 3 est le rôle déterminant joué par les précipitations comme facteur de déclenchement des avalanches (voir aussi figure 7) : 17 des 22 journées avalancheuses surviennent après une importante précipitation (≥10 mm EE) tombée le jour même (8/22), la veille (6/22) ou l’avant-veille (5/22).

thumbnail Figure 7

Relation entre la dynamique des avalanches et les conditions météorologiques (à la station de Cap-Chat). Relationship between avalanche dynamics and meteorological conditions (Cap Chat station).

Dans la plupart des cas (14/22), il s’agissait d’une importante chute de neige (températures minimales négatives) totalisant entre 15,9 et 77,2 mm EE en trois jours (moyenne : 39 mm EE). Les sept journées avalancheuses avec des précipitations solides ≥20 mm EE rassemblent à elles seules 66% des avalanches inventoriées (93/141). La journée avalancheuse qui a produit le plus grand nombre d’avalanches (30 décembre 2005, 40 avalanches) coïncide avec une grosse tempête au cours de laquelle il est tombé plus de 72 cm de nouvelle neige en deux jours (72 mm EE), dont 69 cm le jour même des avalanches.

La figure 8 montre comment se répartissent les treize journées avalancheuses de l’hiver 2005-2006 sur la courbe des précipitations cumulées. Elle souligne d’une manière encore plus éloquente l’influence décisive des précipitations. Il en est de même de l’analyse discriminante qui a été conduite sur trois pas de temps différents (figure 9 et tableau 4). L’opposition entre les journées avalancheuses et les journées non avalancheuses est très claire (i.e. statistiquement significative), tant au niveau des précipitations moyennes que médianes, et ce, pour au moins deux des trois paramètres analysés, soit les précipitations totales (pluie + neige) et les précipitations solides. Les chiffres qui apparaissent dans ce tableau sous la rubrique ‘journées avalancheuses’ peuvent être considérés comme des seuils de précipitation pour le déclenchement des avalanches.

thumbnail Figure 8

Relation entre les précipitations (EE mm) et l’activité avalancheuse. Chaque marqueur représente une journée avalancheuse. Le chiffre indique le nombre d’avalanches observées. Cercles : journées ‘froides’ (temp. maximale < 0°C). Triangles : journée avec température minimale négative et température maximale positive. Carré : journée ‘chaude’ (temp. minimale > 0°C). Relationship between cumulative precipitations (water equivalent) and avalanche frequency. The numbers above each marker indicate the number of observed avalanches.

thumbnail Figure 9

Discrimination statistique des journées avalancheuses et non avalancheuses sur la base des précipitations moyennes (Cap-Madeleine) sur trois pas de temps différents (cumul des précipitations sur 24, 48 ou 72 heures). Statistical discrimination of avalanche days and non-avalanche days based on three different time intervals (cumulative precipitation 24, 48 or 72 hours) for Cap Madeleine.

Tableau 4

Discrimination statistique entre les journées avalancheuses et les journées non avalancheuses sur la base des précipitations. Source : Environnement Canada (Cap-Madeleine). Statistical discrimination based on the type and quantity of precipitation between avalanche days and non-avalanche days.

Dans le cas des seules précipitations liquides, le contraste entre les journées avalancheuses et les journées non-avalancheuses est moins tranché (tableau 4, figure 9). Le seul scénario qui affiche un contraste statistiquement significatif entre les journées avalancheuses et les journées non avalancheuses concerne les précipitations cumulées sur 72 heures (p<0,05).

Il ne faudrait pas pour autant sous-estimer le rôle de la pluie comme facteur de déclenchement des avalanches : 6 des 22 journées avalancheuses se distinguent par des températures maximales positives (figure 7, tableau 4). Deux d’entre elles (9 mars 2003 et 14 janvier 2006) se signalent par des précipitations relativement élevées (tableau 3) dont une bonne partie – étant donné les températures maximales observées (respectivement +8,6° et +13,9°C) – est probablement tombée sous forme liquide. Ces deux pluies hivernales – rain-on-snow events – ont produit au total 19 avalanches.

4.3. Les principales zones à risque

La répartition des avalanches au sein du territoire étudié est très inégale (figure 10). Quatre secteurs, tous situés à l’est de Rivière-à-Claude, rassemblent à eux seuls près de 88% des 141 avalanches inventoriées. Il s’agit, en ordre décroissant, des secteurs 130, 100, 120 et 10. Ces secteurs sont dominés par les talus d’éboulis dont plusieurs ont leur pied à quelques mètres seulement de la route. Les étroits couloirs à carapace de glace qui caractérisent la partie ouest du territoire étudié n’ont produit au total que 7 avalanches (5 dans le secteur 60 et 2 dans le secteur 70). Aucune avalanche n’a été observée dans les secteurs 50, 80, 90 et 140.

thumbnail Figure 10

Nombre d’avalanches par secteur (n = 141). La localisation des secteurs apparaît sur la figure 1. Number of avalanches by sector (n=141). The location of each sector is shown in figure 1.

5. Discussion

5.1. Les régimes avalancheux

Les talus d’éboulis et les étroits couloirs à carapace de glace connaissent des régimes avalancheux très différents découlant du mode d’enneigement contrasté de ces deux environnements.

5.1.1. Les talus d’éboulis

Les données analysées soulignent l’importance des précipitations – et en particulier des tempêtes de neige – comme principal facteur de déclenchement des avalanches sur les talus d’éboulis de la zone littorale nord-gaspésienne. Le rôle des précipitations solides comme élément déclencheur des avalanches a été souligné par de nombreux chercheurs (Perla, 1970; Ward, 1984; Reardon et al., 2004; Jomelli et al., 2007), notamment en Gaspésie (Dubé et al., 2004; Hétu, 2007; Germain et al., 2009), mais elles jouent ici un rôle particulièrement évident – quasi univoque – en raison du mode d’enneigement particulier de ces talus (Hétu et Vandelac, 1989; Hétu, 1991, 1995). Les forts vents qui soufflent le long du littoral, en particulier l’hiver, les dénudent rapidement après les tempêtes de neige (Hétu et Bergeron, 2004). La neige est soufflée vers les forêts adjacentes ou encore vers la concavité basale des talus dont le bilan nivéo-éolien est toujours largement négatif (les transferts vers la forêt étant pour l’essentiel à sens unique, les neiges ‘perdues’ ne sont pas remplacées). Il n’est pas rare, même en pleine saison nivale, que les pierriers soient presque entièrement exposés (figure 11).

thumbnail Figure 11

Le talus oriental de la baie de Mont-Saint-Pierre le 16 mars 2007 (secteur 100 ouest). Alors que le manteau neigeux atteint son épaisseur maximale vers la mi-mars dans les zones abritées, les talus côtiers sont presque entièrement dénudés. Photo : B. Hétu. The Eastern talus slope of the bay of Mount St. Pierre on March 16th, 2007 (sector 100 west).

Ce mode d’enneigement particulier a trois conséquences majeures qui ont un impact direct sur le régime avalancheux : 1) les talus d’éboulis côtiers n’arrivent pas à développer un épais manteau neigeux, ce qui rend peu probable les avalanches en différé reliées à la métamorphose de la neige; 2) entre les chutes de neige, la probabilité que survienne une avalanche diminue très rapidement; 3) les avalanches dépendent directement des précipitations. Il en résulte un mode de fonctionnement de type binaire. Est-il nécessaire de rappeler que ce régime avalancheux particulier ne concerne que les talus d’éboulis côtiers ? Certains talus d’éboulis en position abritée dans les vallées se couvrent d’un épais manteau neigeux (±1 m) propice à la reptation nivale et au déclenchement de grandes avalanches de plaque qui se produisent souvent en différé par rapports aux précipitations (Hétu et Bergeron, 2004), mais comme ces talus sont situés à l’écart de la route 132, ils échappent aux inventaires du MTQ.

Les précipitations liquides jouent également un rôle non négligeable dans le déclenchement des avalanches sur les talus d’éboulis, mais pour être efficaces, encore faut-il qu’ils soient suffisamment enneigés. En zone côtière, où les talus sont peu enneigés en général, les pluies ‘efficaces’ sont celles qui surviennent dans les heures qui suivent une précipitation solide. Compte tenu de la fréquence relativement élevée des CGD en Gaspésie (figure 6), ce scénario est assez fréquent. De plus, il n’est pas rare dans le contexte gaspésien que l’on passe de la neige à la pluie au cours d’une même précipitation. Les épisodes avalancheux du 9 mars 2005 (9 avalanches) et du 14 janvier 2006 (10 avalanches) correspondent à ce scénario que les chercheurs anglophones désignent de manière imagée par le nom de rain-on-snow events (Conway, 2004). Rappelons que la forte pluie du 14 janvier 2006 a également déclenché une coulée de neige liquéfiée (slushflow) au mont Albert (Fortin et Hétu, 2009).

5.1.2. Les étroits couloirs à carapace de glace

Dans la zone côtière, les seules pentes avalancheuses qui arrivent à développer et à conserver un épais manteau neigeux sont les couloirs à carapace de glace (figure 4B). Par conséquent, ces couloirs sont susceptibles de réagir à tous les types de précipitations, qu’elles soient solides (régime avalancheux de tempête) ou liquide (rain-on-snow events). À ces deux scénarios avalancheux s’ajoutent les avalanches de fonte (températures très positives, avec aucune précipitation, comme l’exemple du 31 mars 2006) et celles qui sont provoquées par la chute des carapaces de glace (par exemple celle du 31 mars 2006 dans le secteur 60; figure 4B, Hétu, 2007). Bien que ces divers scénarios aient été observés au moins une fois chacun, le nombre réduit d’épisodes avalancheux inventoriés (5 épisodes seulement pour l’ensemble des couloirs) fait en sorte qu’il est impossible de les hiérarchiser. De toute façon, il est clair qu’à l’échelle régionale, ces différents scénarios jouent un rôle très secondaire derrière le régime avalancheux de tempête qui prévaut sur les talus d’éboulis côtiers, non seulement parce que ces derniers couvrent une plus grande superficie que les couloirs mais d’abord parce que les avalanches de tempête sont tout simplement les plus fréquentes.

5.2. La représentativité des hivers étudiés

Les trois hivers étudiés se distinguent par des anomalies positives au niveau des précipitations. Par conséquent, on est en droit de se demander si les dynamiques avalancheuses observées sont réellement représentatives. Cette question nous plonge au cœur même de la spécificité gaspésienne. Les épisodes avalancheux importants de l’hiver 2005-2006 (30 décembre 2005, 40 avalanches; 17 février 2006, 19 avalanches) sont certes peu courant, dans la mesure où ils ne se produisent pas à chaque hiver, mais ils ne sont pas rarissimes. En fait, ce régime intermittent correspond au mode de fonctionnement typique de ces talus. La Gaspésie a connu historiquement de telles crises avalancheuses (1935, 1956, 1960, 1980, 1988, 2010) qui coïncident à chaque fois, comme en 2005-2006, avec de grosses tempêtes de neige (Hétu, 2007). Les études dendrochronologiques réalisées par notre équipe vont dans le même sens : sur les sept années de fortes activités avalancheuses depuis 1870, six se signalent par des précipitations neigeuses largement supérieures à la moyenne (Dubé et al., 2004). Ainsi, loin d’invalider nos résultats, les trois hivers étudiés ne font que renchérir sur un thème déjà évoqué, soit le rôle déterminant des tempêtes de neige comme principal facteur de déclenchement des avalanches sur les talus d’éboulis de la zone littorale nord-gaspésienne.

Conclusion

Les résultats présentés dans cet article confirment les scénarios avalancheux entrevus par Hétu (2007) à partir d’une banque de données plus restreintes. Il semble que les pentes avalancheuses des corridors routiers analysés (132 et 198) connaissent quatre scénarios avalancheux distincts (tempête de neige, pluie hivernale, fonte rapide, impact des blocs de glace), mais le scénario “tempête de neige” est de loin le plus important en termes de fréquence et de superficie affectée. Cela tient en grande partie au régime d’enneigement particulier des talus côtiers. Dans ce milieu très venté, caractérisé par une déflation éolienne très efficace, les fenêtres avalancheuses coïncident avec les tempêtes de neige. L’analyse discriminante des journées avalancheuses et non avalancheuses a permis de démontrer que l’occurrence des avalanches était fortement corrélée à la quantité de neige tombée au cours des dernières 24, 48 ou 72 heures. L’analyse des températures, et tout particulièrement de la fréquence des cycles de gel-dégel, permet d’ajouter une seconde dimension dans la compréhension du phénomène. La hausse des températures au-dessus du point de congélation conduit au déclenchement d’avalanches de neige mouillée (par humification et surcharge du couvert neigeux). Ce scénario avalancheux arrive au second rang des facteurs explicatifs, juste derrière les chutes de neige abondante.

Remerciements

Nous tenons à remercier le personnel du bureau du Ministère des Transports du Québec à Sainte-Anne-des-Monts, en particulier son directeur, M. Guy St-Pierre, et le directeur des opérations, M. Alain Dumont, pour avoir mis à notre disposition la banque de données sur les avalanches (incluant les photographies de la figure 1). Les figures 1 et 7 ont été produites par Catherine Plante et Suzanne Gagnon. Une partie des analyses a été effectuée par Gaétan Guay-Tanguay et Esther Rifiant. Ces recherches ont été supportées par le Conseil de Recherches en Sciences Naturelles et en Génie du Canada (CRSNG), le Ministère des Transports du Québec et la Fondation Communautaire Gaspésie-Les îles.

Références

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Liste des tableaux

Tableau 1

Le climat hivernal du littoral nord-gaspésien. Source : Environnement Canada. The winter climate of the northern coast of the Gaspé.

Tableau 2

Précipitations hivernales totales enregistrées à la station de Cap-Madeleine, 2003-2006. Source : Environnement Canada. Total winter precipitation observed at Cap-Madeleine station, 2003-2006.

Tableau 3

Journées avalancheuses, nombre d’avalanches observées, nombre de secteurs affectés, précipitations le jour de l’avalanche (jA), la veille (jA-1) et l’avant-veille (jA-2), ainsi que les températures maximale et minimale observées à Cap-Chat le jour de l’avalanche. Source : Environnement Canada. Avalanche days, number of avalanches observed, number of sectors affected, precipitation on the day of the avalanche (jA), the day before (jA-1) and two days before (jA-2), maximum and minimum temperatures observed at Cap-Chat during the day of the avalanche.

Tableau 4

Discrimination statistique entre les journées avalancheuses et les journées non avalancheuses sur la base des précipitations. Source : Environnement Canada (Cap-Madeleine). Statistical discrimination based on the type and quantity of precipitation between avalanche days and non-avalanche days.

Liste des figures

thumbnail Figure 1

Localisation de la région d’étude (en médaillon) et secteurs d’inventaire du Ministère des Transports du Québec. Location of the study area (insert) and inventory sectors used by the Transport Ministry of Quebec. Source : Hétu (2007).

Dans le texte
thumbnail Figure 2

La route 132 en hiver. Des avalanches et des congères de neige soufflée par le blizzard obstruent fréquemment la circulation. Assurer l’intégrité de cette artère vitale qui n’est pas éclairée la nuit en dehors des villages représente un véritable défi. Source : Ministère des Transports du Québec. Route 132 during winter. Avalanches and snowdrifts created by blizzards frequently block traffic. Source: Ministry of Transport, Quebec.

Dans le texte
thumbnail Figure 3

L’escarpement côtier nord-gaspésien près de Mont-Saint-Pierre (secteur 100). La route 132 est coincée entre un talus d’éboulis avalancheux et l’estuaire. Source : P. Gauthier, du Centre d’avalanche de la Haute-Gaspésie. Coastal cliffs of the Northern Gaspé near Mount St. Pierre (sector 100). Route 132 is located between an avalanche talus slope and the estuary.

Dans le texte
thumbnail Figure 4

Les deux types de pentes avalancheuses : A) Un des nombreux talus d’éboulis du secteur 130; B) Un couloir à carapace de glace (secteur 60). La route 132 serpente au pied des pentes avalancheuses. Two types of avalanche slopes. Source : B. Hétu. (A) One of the numerous talus slopes of sector 130; (B) A corridor with a shell of ice at the summit (sector 60).

Dans le texte
thumbnail Figure 5

Le régime des précipitations hivernales (DJFMA) des trois hivers étudiés. Les précipitations sont exprimées en équivalent en eau (EE), avec le nombre de jours (ordonnées) avec des précipitations d’une intensité donnée (abscisses). Le chiffre au dessus des colonnes correspond aux valeurs moyennes, dites ‘normales’ (1970-2006 pour Cap-Chat; 1970-2008 pour Cap-Madeleine). Source : Environnement Canada. Pattern of winter precipitation (djfma), 2003-2006. Precipitation results are expressed in water-equivalent. The number above the columns is the mean value or « normal » (1970-2006 for Cap-Chat; 1970-2008 for Cap-Madeleine).

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thumbnail Figure 6

Variabilité du nombre de cycles gel-dégel entre 1970 et 2008 à Cap-Chat. La moyenne annuelle est de 42,7. Les trois hivers étudiés sont soulignés. Source : Environnement Canada. Variability of the number of Freeze-Thaw cycles between 1970 and 2008 at Cap Chat. The annual mean is 42.7.

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thumbnail Figure 7

Relation entre la dynamique des avalanches et les conditions météorologiques (à la station de Cap-Chat). Relationship between avalanche dynamics and meteorological conditions (Cap Chat station).

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thumbnail Figure 8

Relation entre les précipitations (EE mm) et l’activité avalancheuse. Chaque marqueur représente une journée avalancheuse. Le chiffre indique le nombre d’avalanches observées. Cercles : journées ‘froides’ (temp. maximale < 0°C). Triangles : journée avec température minimale négative et température maximale positive. Carré : journée ‘chaude’ (temp. minimale > 0°C). Relationship between cumulative precipitations (water equivalent) and avalanche frequency. The numbers above each marker indicate the number of observed avalanches.

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thumbnail Figure 9

Discrimination statistique des journées avalancheuses et non avalancheuses sur la base des précipitations moyennes (Cap-Madeleine) sur trois pas de temps différents (cumul des précipitations sur 24, 48 ou 72 heures). Statistical discrimination of avalanche days and non-avalanche days based on three different time intervals (cumulative precipitation 24, 48 or 72 hours) for Cap Madeleine.

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thumbnail Figure 10

Nombre d’avalanches par secteur (n = 141). La localisation des secteurs apparaît sur la figure 1. Number of avalanches by sector (n=141). The location of each sector is shown in figure 1.

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thumbnail Figure 11

Le talus oriental de la baie de Mont-Saint-Pierre le 16 mars 2007 (secteur 100 ouest). Alors que le manteau neigeux atteint son épaisseur maximale vers la mi-mars dans les zones abritées, les talus côtiers sont presque entièrement dénudés. Photo : B. Hétu. The Eastern talus slope of the bay of Mount St. Pierre on March 16th, 2007 (sector 100 west).

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