Open Access
Issue
Climatologie
Volume 8, 2011
Page(s) 79 - 92
DOI https://doi.org/10.4267/climatologie.323
Published online 09 October 2015

© Association internationale de climatologie 2011

Licence Creative CommonsThis is an Open Access article distributed under the terms of the Creative Commons Attribution License CC-BY-NC (http://creativecommons.org/licenses/by-nc/4.0), which permits unrestricted use, distribution, and reproduction in any medium, except for commercial purposes, provided the original work is properly cited.

Introduction

L’influence du milieu physique sur la physiologie de la vigne et la composition des raisins est bien démontrée par plusieurs études (Branas, 1974; Champagnol, 1984; Carbonneau et al., 1992; Van Leeuwen et al., 2004; Carey et al., 2008). Le climat local est l’un des facteurs qui influence le plus la composition des raisins. Aujourd’hui, un changement climatique, résultant de causes naturelles et anthropiques, pose de nombreuses questions à la filière vitivinicole (Bindi et al., 1996; Jones et al., 2005; Webb et al., 2008; Van Leeuwen et al., 2009). En France, la température moyenne a augmenté de 0,9°C au cours du 20ème siècle (Moisselin et al., 2002). Cependant, un changement climatique signifie également une concentration atmosphérique plus élevée du dioxyde de carbone ainsi qu’une augmentation de l’évapotranspiration, de la variabilité des précipitations, de la sécheresse estivale et des températures extrêmes, comme cela a été le cas en 2003 en Europe (GIEC, 2007; Brisson et al., 2010). Une des réponses de la vigne à ces changements climatiques a été une avancée des stades phénologiques (Jones et al., 2000; Ganichot, 2002; Ramos et al., 2008; Seguin, 2009). En même temps, l’acidité des raisins a diminué et leur teneur en sucre a augmenté, ce qui se traduit par un degré d’alcool plus important dans les vins (Duchêne et al., 2005; Barbeau, 2007). Cependant, le changement climatique n’est pas uniforme dans le temps, ni dans l’espace (GIEC, 2007). Étant donné que des facteurs comme la topographie et la proximité de l’océan ont des effets importants sur le climat local, il est donc nécessaire d’étudier chaque région viticole séparément afin de comprendre l’effet du changement climatique sur la viticulture (Bonnefoy et al., 2009). Certaines études récentes ont démontré un réchauffement climatique dans le Val de Loire (Barbeau, 2007; Bonnefoy et al., 2010). Il s’agit maintenant d’analyser et de comprendre comment ces changements climatiques se sont traduits dans les différents sous-bassins viticoles du Val de Loire et quelle a été leur influence sur les principaux cépages qui y sont cultivés.

L’étude s’inscrit dans le projet international TERVICLIM, qui a pour objectif l’observation et la spatialisation du climat à l’échelle des terroirs viticoles dans un contexte de changement climatique. Cela devrait permettre de mieux comprendre le climat actuel et de mieux prévoir les conséquences d’un changement climatique sur la viticulture. En France, le projet concerne cinq régions viticoles, le Val de Loire, la Bourgogne, la Champagne, le Bordelais et la Provence. Dans le cadre du projet, des études similaires sont aussi effectuées dans d’autres régions viticoles à travers le monde.

1. Lieu d’étude

Le Val de Loire est situé à la latitude 47°N, dans le nord-ouest de la France. Il s’étend de Nantes à Sancerre, entre les méridiens 1°33’O et 2°50’E (figure 1).

thumbnail Figure 1

La position géographique du Val de Loire (source de la carte : http://www.vins-vouvray.com). The geographical position of the Loire Valley.

On y trouve une grande gamme de cépages rouges et blancs et c’est la première région française productrice de vin blanc d’AOC. Les cépages blancs dominants sont le Melon, le Chenin blanc et le Sauvignon blanc alors que les cépages rouges sont le Cabernet franc, le Grolleau noir et le Gamay. Etant donné la présence de la Loire et de ses affluents ainsi qu’une riche diversité géopédologique, on y trouve des conditions de climat et de sols très contrastées. Les 69 Appellation d’Origine Contrôlée du bassin de production témoignent de cette diversité des sols, des climats et des cépages.

2. Méthodes et matériels

Les données météorologiques ont été obtenues à partir de 12 stations météorologiques situées dans le Val de Loire, où Météo-France a été la source essentielle (11 stations sur 12, voir le tableau 1). Les données climatiques traitées sont les températures moyennes, minimales et maximales depuis le milieu du 20ème siècle ainsi que la pluviométrie pour un certain nombre de stations. A l’exception de Montreuil-Bellay où l’on dispose de données journalières, les données pluviométriques sont caractérisées par la valeur de la précipitation mensuelle. La station de Nantes se distingue par la disponibilité d’une série très longue de la température moyenne, depuis 1851.

Tableau 1

Noms, sources, séries temporelles et caractéristiques de chacune des 12 stations météorologiques. Names, sources, series and characteristics of each of the 12 weather stations.

Les données climatiques permettent donc d’analyser l’évolution du climat sur une période suffisamment longue, et de caractériser et quantifier le réchauffement climatique dans le Val de Loire. Il faut noter qu’en 1964 la station de Tours a été repositionnée 2 km à l’extérieur de la ville. Bonnefoy et al. (2010) ont expliqué dans l’analyse des données de température de Tours qu’une diminution de la température était observée durant les années 1960. Aucune autre station dans le Val de Loire n’a montré cette diminution de la température. Par conséquent, le repositionnement de la station de Tours a provoqué une discontinuité dans les données de température. Les données de température de toutes les stations ont été utilisées pour représenter les températures minimales, maximales et moyennes du Val de Loire (figure 2).

thumbnail Figure 2

Evolution des températures minimales, maximales et moyennes du Val de Loire de 1946 à 2009, calculées à partir des 12 stations météorologiques de référence (sources des données : Météo-France et INRA Angers). Evolution of the annual temperatures in the Loire Valley from 1946 to 2009, calculated from 12 weather stations (Data source: Météo-France and INRA Angers).

Les données de température ont été également utilisées pour calculer trois indices bioclimatiques, notamment l’indice degré-jours de Winkler, l’indice héliothermique de Huglin et l’indice de fraîcheur des nuits (Winkler et al., 1974; Huglin, 1978; Tonietto, 1999). Ils permettent de définir les aptitudes d’une région viticole en termes de production des raisins, d’adaptation des cépages et de la précocité et de la tardivité des stades phénologiques (Asselin et al., 2001; Carbonneau et al., 2004). L’intérêt de l’indice de Winkler (GDD) est qu’il est bien corrélé avec les stades phénologiques de la vigne comme la floraison, la véraison et la date de vendange (Tesic, 2001; Van Leeuwen et al., 2008).

Comme la température minimale pour l’activité physiologique de la vigne est considérée à 10°C (Winkler et al., 1974), l’indice de Winkler calcule la somme des températures journalières au-dessus de 10°C pour la période d’avril à octobre dans l’hémisphère nord. Dans le calcul, ‘Tx’ correspond à la température maximale et ‘Tn’ à la température minimale.

En intégrant un coefficient de latitude, l’indice de Huglin (IH) prend mieux en compte la durée d’ensoleillement et, de ce fait, il est bien corrélé avec la physiologie de la vigne et la teneur en sucre des raisins (Huglin, 1978; Carbonneau et al., 2004). Par conséquent, il permet de caractériser la région viticole du Val de Loire en fonction des cépages adaptés aux conditions thermiques. L’IH divise les climats viticoles en six classes, de très frais à très chaud (tableau 2). Il est calculé à partir de la somme des températures moyennes et maximales au-dessus de 10°C pour la période d’avril à septembre dans l’hémisphère nord. Dans le calcul, ‘T’ correspond à la température moyenne journalière, ‘Tx’ à la température maximale journalière et ‘k’ au coefficient de latitude, qui est fixé à 1,05 pour le Val de Loire (Huglin, 1978).

Tableau 2

Classes des climats viticoles en fonction de l’indice de Huglin (Carbonneau et al., 2004). The viticultural climate classes for the Huglin Index.

Etant donné que les températures nocturnes ont une influence importante sur les composants secondaires des raisins, notamment les anthocyanes et les aromes, l’indice de fraicheur de nuits (IF) a également été utilisé (Kliewer et al., 1972; Tonietto, 1999; Carbonneau et al., 2004). L’IF est égal à la moyenne des températures minimales du mois de la maturation, soit le mois de septembre dans l’hémisphère nord. L’IF est divisé en quatre classes : nuits chaudes (>18°C), nuit tempérées (14-18°C), nuits fraiches (12-14°C) et nuits très fraiches (≤12°C). Pour tenir compte du fait que le stade de la maturation est devenu plus précoce et que, par conséquent, les températures du mois d’août ont joué un rôle de plus en plus important sur la composition des raisins, nous avons calculé l’IF en prenant en compte la température minimale du mois d’août.

Vu qu’il y a une grande gamme de cépages dans le Val de Loire, seuls les principaux cépages blancs et rouges cultivés, présentés en première partie, ont été étudiés. Les données de la maturation correspondent aux cinétiques d’accumulation des sucres et de diminution de l’acidité totale des baies sur une base hebdomadaire, de la fin de véraison jusqu’à la vendange. Ces données ont été obtenues à partir de plusieurs sources tout au long du Val de Loire : la Chambre Agriculture de Loire-Atlantique pour les données de Muscadet, l’Association Technique Viticole du Maine-et-Loire pour les données de l’Anjou et du Saumurois. Les données de Chinon, de Bourgueil et de Touraine ont été mises à disposition par le laboratoire de Touraine et, en Sancerre, les données d’une parcelle du Sauvignon blanc ont été obtenues auprès de la SICAVAC (Centre Technique Interprofessionnel des Vins du Centre-Loire). La plupart des données sont disponibles de 1980 à 2010, cependant, un certain nombre de parcelles en Touraine, Bourgueil et Chinon disposent de données depuis 1970. Au total, les données de la maturation de 24 parcelles de Cabernet franc, 9 parcelles de Grolleau noir, 11 parcelles de Gamay, 19 parcelles de Chenin, 6 parcelles de Sauvignon blanc et 20 parcelles de Melon ont été obtenues.

Les variables météorologiques, les indices bioclimatiques et les données de la maturation ont été mis en relation avec une échelle de temps (année/jour) de façon à suivre leur évolution. Afin d’évaluer la signification statistique de chaque tendance observée, la valeur p et le coefficient de détermination (R2) ont été déterminés. La valeur p a été calculée par le test de Fisher avec un niveau de significativité de 95%.

3. Résultats et discussions

3.1. Changement climatique dans le Val de Loire

Les températures minimales, maximales et moyennes du Val de Loire, calculées à partir des 12 stations automatiques de la base de données climatiques, ont augmenté significativement de 1946 à 2009 (figure 2). La température moyenne a augmenté de 1,35°C (p<0,0001) ce qui correspond à une forte évolution climatique, étant donné que la température moyenne du globe a augmenté de 0,65°C de 1955 à 2006 (GIEC, 2007). La température minimale du Val de Loire a augmenté de 1,4°C (p<0,0001) et la maximale de 1,3°C (p=0,000) de 1946 à 2009. Cependant, l’augmentation de la température n’a pas été uniforme dans le temps. La température moyenne annuelle de Nantes permet d’analyser l’augmentation de la température au cours d’une série plus longue. La température moyenne de Nantes a augmenté de 1,1°C (p<0,0001) de 1851 à 2010 (figure 3).

thumbnail Figure 3

Evolution de la température moyenne de Nantes de 1851 à 2010 (Source données : Météo France). Evolution of the average annual temperature at Nantes from 1851 to 2010 (Data source: Météo France).

Depuis 1950, cette augmentation a été plus forte (1,3°C) et huit des vingt dernières années ont été les années les plus chaudes enregistrées depuis le début de la série, en 1851. Bonnefoy et al. (2010) ont démontré, pour plusieurs stations météorologiques situées dans le Val de Loire, l’existence d’une rupture en 1987 dans l’évolution de la température. Cela illustre le fait que pendant les vingt dernières années, la température a augmenté encore de manière plus significative. Par exemple, la température moyenne annuelle de Saumur a évolué de 11,8°C pour la période avant la rupture (1950-1987) à 12,8°C pour la période après la rupture (1988-2010).

Si l’augmentation de la température n’a pas été uniforme dans le temps, elle a également évolué différemment à l’échelle des différents sous-bassins du Val de Loire (figure 4). Le cycle de la croissance de la vigne étant généralement calculé de début avril à la fin de septembre dans l’hémisphère nord, l’évolution de la température pour cette période a été calculée de 1953 à 2009. Toutes les stations météorologiques illustrées à la figure 4 montrent une augmentation significative des températures minimales, maximales et moyennes, sauf pour les minimales de Romorantin, qui n’ont pas augmenté de manière significative. Les températures minimales de Nantes et de Beaucouzé ont augmenté plus vite que les maximales. Comme l’influence océanique se réduit plus vers l’est du Val de Loire, les températures maximales de Saumur, Tours, Romorantin, Châteauroux et Orléans ont augmenté plus vite. L’influence de l’océan pourrait expliquer cette forte augmentation de la température minimale de Nantes et d’Angers. Les régions océaniques ont en effet une présence plus importante de la couverture nuageuse (IPCC, 2007). Comme les nuages jouent un rôle très important sur l’effet de serre, ils limitent la quantité du rayonnement solaire qui atteint la surface de la terre pendant la journée, ce qui conduit à une température maximale inférieure (IPCC, 2007). Cependant durant la nuit, les nuages bloquent le rayonnement infrarouge réémis par la terre. Ce rayonnement est alors renvoyé vers la terre par les nuages, ​​ce qui conduit à une augmentation des températures minimales. En conséquence, l’intensité de l’évolution de la température est également influencée par des facteurs tels que la proximité de l’océan.

thumbnail Figure 4

Evolution de la température pour la période allant de début avril jusqu’à la fin de septembre (de 1953 à 2009), pour plusieurs stations météorologiques situées dans le Val de Loire (Source des données : Météo-France; Source de la carte : Cellule Terroirs Viticoles 49). Evolution of the temperature for the period of beginning of April to end of September from 1953 to 2009, for several weather stations in the Loire Valley (Data source: Météo-France; Map source: Cellule Terroirs Viticoles 49).

L’augmentation de la température n’a pas non plus été uniforme entre les quatre saisons de l’année. Bien que les températures aient augmenté de façon significative pour chaque saison, toutes les stations météorologiques indiquent que c’est la température estivale (température moyenne pour la période du début de juin jusqu’à la fin d’août) qui a augmenté le plus fortement. Par conséquent, le nombre de jours pendant lesquels la température maximale était supérieure à 25°C a augmenté de façon significative. A Nantes, l’augmentation a été de 17 jours (p=0,016) et à Saumur de 21 jours (p=0,009) de 1950 à 2010.

Finalement, les données mensuelles de la pluviométrie des différentes stations n’ont montré aucune évolution significative, que ce soit pour les précipitations annuelles, les précipitations saisonnières, ou les précipitations sur la période avril-septembre. De plus, les données des précipitations journalières de la station de Montreuil-Bellay ne font pas apparaître d’évolution significative depuis 1976, en termes de distribution ou d’intensité.

3.2. Evolution des indices bioclimatiques

L’indice de Winkler (GDD) a augmenté de façon significative dans tout le Val de Loire (tableau 3). Comme il pilote le calendrier des stades phénologiques de la vigne, l’augmentation de la somme des températures moyennes calculées par cet indice doit avoir pour effet d’accélérer la précocité des stades phénologiques. Effectivement, la date de la vendange a avancé significativement depuis 1970 dans le Val de Loire (figure 5). Pour le Cabernet franc, cette avance est de 15 jours (p=0,000) à Beaumont-en-Veron et de 17 jours (p=0,001) à Restigné. Pour le Chenin, elle est de 17 jours (p=0,000) à Rochecorbon et pour le Gamay de 13 jours (p=0,002) à Chargé.

thumbnail Figure 5

Evolution de la date de vendange pour quatre parcelles, situées dans le Val de Loire, de 1970 à 2010 (Source des données : Laboratoire de Touraine). Evolution of the harvest dates for four plots, situated in the Loire Valley, from 1970 to 2010 (Data source: Laboratoire de Touraine).

Tableau 3

Evolution de l’indice de Winkler (Source : Météo-France). Evolution of the Winkler Index (Data source: Météo-France).

En comparant la moyenne de la date de la vendange de 1990 à 2010 des principaux cépages cultivés en Anjou et en Saumur avec celle d’une étude réalisée sur la période allant de 1950 à 1969, les résultats montrent que la date de la vendange a avancé de 12 à 15 jours, selon le cépage (tableau 4).

Tableau 4

Evolution des dates de la vendange des principaux cépages cultivés en Anjou et Saumur (Source des données : ATV 49; Ministère de l’Agriculture, 1970). Evolution of the harvest dates of the main grape varieties, cultivated in Anjou and Saumur (Data source: ATV 49; Ministère de l’Agriculture, 1970).

Comme la date de la vendange est d’environ deux semaines plus précoce, la période de la maturation correspond désormais à une période plus chaude de l’année. Barbeau et al. (1998) ont démontré l’importance de la précocité du cycle végétatif et de la date de vendange pour assurer une bonne maturation des raisins dans le Val de Loire. De ce fait, les températures plus chaudes favorisent de plus en plus le fonctionnement de la vigne dans le Val de Loire et, par conséquent, influencent la composition des baies de manière significative.

L’indice de Huglin a augmenté significativement au cours des 60 dernières années (tableau 5). En conséquence, Nantes, Angers, Tours et Bourges ont évolué d’un climat froid, qui a caractérisé le Val de Loire jusqu’aux années 80, vers un climat tempéré, qui était alors celui de Bordeaux. Orléans a évolué d’un climat très frais à un climat frais. La figure 6 montre que Saumur a évolué d’un climat frais à un climat tempéré.

thumbnail Figure 6

Evolution de l’indice de Huglin (IH) à Saumur, de 1950 à 2010. (Source des données : Météo-France). Evolution of the Heliothermal index of Huglin (HI) at Saumur, from 1950 and 2010 (Data source: Météo-France).

Tableau 5

Evolution de l’indice de Huglin (Source des données : Météo-France). Evolution of the Huglin Index (Data source: Météo-France)

Etant donné que la teneur en sucre dans les raisins est déterminée par l’activité photosynthétique de la vigne (Jackson, 2008), des températures plus chaudes vont permettre à la vigne de fonctionner plus régulièrement à une température optimum de 25°C pour la photosynthèse. Un climat plus chaud va permettre à des variétés tardives telles que le Cabernet Sauvignon et la Syrah d’atteindre une bonne maturité. La figure 6 illustre qu’en 2003, l’indice de Huglin de Saumur était bien situé dans un climat « tempéré-chaud ». En conséquence, la Syrah (clone 470) ainsi que le Tempranillo (clone 771) ont réussi à atteindre une bonne maturité sur le domaine expérimental de l’INRA à Montreuil-Bellay cette année-là. Les raisins de Syrah ont été vendangés à une teneur en sucre de 205 g/L (12,2°alc.) et une acidité totale de 4,1 g/L. Par ailleurs, les raisins de Tempranillo ont été vendangés à une teneur en sucre de 192 g/L (11,4°alc.) avec une acidité totale de 3,5 g/L. Vu que les températures doivent continuer à augmenter au cours du 21ème siècle en France (Brisson et al., 2010), les cépages tardifs seront en mesure d’atteindre une bonne maturité, comme en 2003. Par contre, des cépages traditionnels et précoces comme le Grolleau et le Gamay vont atteindre leur maturité trop précocement en saison, ce qui va nuire à l’équilibre des composantes du raisin pour produire des vins de qualité.

Finalement, l’indice de fraîcheur des nuits1 (IF) a augmenté significativement à Nantes, Angers, Châteauroux et Bourges (tableau 6). Bien qu’aucun changement significatif ne soit observé à Saumur, Tours et Orléans, l’IF de ces stations a aussi augmenté. Les nuits fraîches (10-15°C) favorisent la synthèse des anthocyanes pendant la maturation (Kliewer et al., 1972; Carbonneau et al., 1992). En outre, les températures nocturnes fraîches sont importantes pour l’accumulation des arômes dans les raisins (Jackson, 2008). De ce fait, les températures nocturnes plus chaudes risquent d’influencer négativement la synthèse des anthocyanes et des précurseurs d’arômes et, par la suite, la couleur, la structure et les arômes des vins.

Tableau 6

Evolution de l’indice de fraicheur des nuits (Source des données : Météo-France). Evolution of the Cool Night Index (Data source: Météo-France).

3.3. Evolution de la composition des raisins des cépages principaux

Les six principaux cépages blancs et rouges cultivés dans le Val de Loire montrent une évolution significative de la composition des raisins (tableau 7). Pour chaque cépage, la moyenne de la teneur en sucre et la moyenne de l’acidité totale ont été calculées à partir de plusieurs parcelles dans une même région. De plus, les cinétiques d’augmentation de la teneur en sucre et de diminution de l’acidité totale ont été calculées en relation avec l’année. Bien que ces cépages soient cultivés dans différents sous-bassins du Val de Loire, une tendance similaire à une diminution de l’acidité totale et une augmentation de la teneur en sucre est observée.

Tableau 7

Evolution de la composition des raisins des six cépages principaux cultivés dans le Val de Loire (Source des données : CA 44; ATV 49; Laboratoire de Touraine 37; SICAVAC 18). Evolution of the berry composition of the six main grape varieties, cultivated in the Loire Valley (Data source: CA 44; ATV 49; Laboratoire de Touraine 37; SICAVAC 18).

En Anjou, par exemple, pour le cépage Cabernet franc la teneur en sucre est passée de moins de 170 g/L à plus de 200 g/L et, pour le Chenin, de moins de 180 g/L à plus de 210 g/L depuis 1981. Par conséquent, le degré d’alcool probable a augmenté de 10° à plus de 12,5° pour le Cabernet franc et d’environ 10,5° à plus de 12° pour le Chenin. Pour ces deux cépages, l’acidité totale a diminué de 2 g/L et, par conséquent, les raisins sont vendangés désormais à une teneur en acidité totale allant de 4,5 g/L à 6 g/L H2SO4.

3.4. Evolution des pratiques viticoles

Le potentiel de la composition des raisins à la vendange n’est pas simplement lié aux conditions climatiques du millésime et aux caractéristiques du sol, mais aussi à l’influence des pratiques et stratégies viticoles (Morlat, 2010). Au cours des trente dernières années, les pratiques viticoles ont évolué (Barbeau, 2007). Nous mentionnons deux pratiques qui ont considérablement changé en Val de Loire. Durant les années 1970, la pratique la plus courante pour l’entretien du sol était le désherbage chimique sur toute la parcelle. Aujourd’hui, les parcelles sont conduites avec un enherbement dans les inter-rangs ou dans un inter-rang sur deux. Par conséquent, la vigne est soumise à plus de concurrence, ce qui conduit à une diminution de la vigueur, de l’incidence des maladies et du rendement par cep. Plusieurs études ont montré que les raisins sont plus riches en sucre et ont une acidité plus faible lorsque la vigueur de la vigne est réduite (Barbeau et al., 1998; Tesic, 2001; Morlat, 2010).

D’autres changements des pratiques incluent l’introduction de l’effeuillage et de l’éclaircissage des grappes. Ces deux pratiques permettent une meilleure aération de la vigne, une meilleure exposition des raisins au soleil ainsi qu’un meilleur équilibre entre le rendement et la surface foliaire (Jackson, 2008). Spayd et al. (2002) ont démontré que des raisins plus exposés au soleil sont plus riches en sucre et ont une acidité plus faible. Ces changements dans les pratiques viticoles ont également eu un effet sur la composition des raisins. En conséquence, il faut tenir compte de ces évolutions des pratiques lorsque l’influence du changement climatique sur la viticulture et la composition des raisins est analysée et discutée. L’exemple de l’année 2003 marquée par de fortes températures estivales indique nettement une prépondérance de l’influence du climat sur les autres facteurs. En effet, cette année-là, la moyenne vallée de la Loire n’a pas subi de contrainte hydrique contrairement aux autres régions françaises. Sur le domaine expérimental INRA de Montreuil-Bellay (49) une forte augmentation des rendements a été constatée malgré les pratiques d’éclaircissage (Grolleau : 205 HL/Ha; Gamay : 94 HL/Ha; Cabernet franc : 67 HL/Ha). Celle-ci s’est accompagnée d’une forte teneur en sucres et d’une faible acidité des raisins (Grolleau : 10,8° et 3,2 g H2SO4/L; Gamay : 14,1° et 4,6 g H2SO4/L : Cabernet franc : 14,1° et 4 g H2SO4/L. Des études complémentaires seraient nécessaires pour étudier la part respective de l’évolution des pratiques viticoles dans le Val de Loire et du climat sur la composition des raisins.

Conclusion

Les températures minimales, maximales et moyennes ont augmenté significativement dans le Val de Loire au cours des soixante dernières années. Cependant, ce réchauffement observé n’a pas été uniforme dans le temps ni dans l’espace. Les températures minimales de Nantes et Beaucouzé ont fortement augmenté par rapport aux maximales. Vers l’est du Val de Loire, ce sont les températures maximales de Saumur, Tours, Romorantin, Châteauroux et Orléans qui ont le plus augmenté. En revanche, aucune évolution significative des précipitations n’a été observée. Les différents indices bioclimatiques ont fortement augmenté. Selon l’indice de Huglin, la région viticole du Val de Loire a évolué d’un climat froid à un climat tempéré. Le comportement de la vigne a été influencé par ces changements climatiques, ce qui s’est traduit par une avancée des dates de vendange, accompagnée d’une augmentation de la teneur en sucre et une diminution de l’acidité des raisins. Cette tendance s’applique à l’ensemble du Val de Loire, de Nantes à Sancerre, pour les principaux cépages qui y sont cultivés.

Remerciements

Nous aimerions remercier tous les organismes qui ont mis à disposition leurs données de maturation, notamment le Laboratoire de Touraine (37, Tours), l’Association Technique Viticole (49, Doué La Fontaine), la SICAVAC (41, Sancerre) et la Chambre d’Agriculture (44, Vertou).


1

Calculé comme la moyenne de la température minimale du début d’août jusqu’à la fin de septembre.

Références

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Liste des tableaux

Tableau 1

Noms, sources, séries temporelles et caractéristiques de chacune des 12 stations météorologiques. Names, sources, series and characteristics of each of the 12 weather stations.

Tableau 2

Classes des climats viticoles en fonction de l’indice de Huglin (Carbonneau et al., 2004). The viticultural climate classes for the Huglin Index.

Tableau 3

Evolution de l’indice de Winkler (Source : Météo-France). Evolution of the Winkler Index (Data source: Météo-France).

Tableau 4

Evolution des dates de la vendange des principaux cépages cultivés en Anjou et Saumur (Source des données : ATV 49; Ministère de l’Agriculture, 1970). Evolution of the harvest dates of the main grape varieties, cultivated in Anjou and Saumur (Data source: ATV 49; Ministère de l’Agriculture, 1970).

Tableau 5

Evolution de l’indice de Huglin (Source des données : Météo-France). Evolution of the Huglin Index (Data source: Météo-France)

Tableau 6

Evolution de l’indice de fraicheur des nuits (Source des données : Météo-France). Evolution of the Cool Night Index (Data source: Météo-France).

Tableau 7

Evolution de la composition des raisins des six cépages principaux cultivés dans le Val de Loire (Source des données : CA 44; ATV 49; Laboratoire de Touraine 37; SICAVAC 18). Evolution of the berry composition of the six main grape varieties, cultivated in the Loire Valley (Data source: CA 44; ATV 49; Laboratoire de Touraine 37; SICAVAC 18).

Liste des figures

thumbnail Figure 1

La position géographique du Val de Loire (source de la carte : http://www.vins-vouvray.com). The geographical position of the Loire Valley.

Dans le texte
thumbnail Figure 2

Evolution des températures minimales, maximales et moyennes du Val de Loire de 1946 à 2009, calculées à partir des 12 stations météorologiques de référence (sources des données : Météo-France et INRA Angers). Evolution of the annual temperatures in the Loire Valley from 1946 to 2009, calculated from 12 weather stations (Data source: Météo-France and INRA Angers).

Dans le texte
thumbnail Figure 3

Evolution de la température moyenne de Nantes de 1851 à 2010 (Source données : Météo France). Evolution of the average annual temperature at Nantes from 1851 to 2010 (Data source: Météo France).

Dans le texte
thumbnail Figure 4

Evolution de la température pour la période allant de début avril jusqu’à la fin de septembre (de 1953 à 2009), pour plusieurs stations météorologiques situées dans le Val de Loire (Source des données : Météo-France; Source de la carte : Cellule Terroirs Viticoles 49). Evolution of the temperature for the period of beginning of April to end of September from 1953 to 2009, for several weather stations in the Loire Valley (Data source: Météo-France; Map source: Cellule Terroirs Viticoles 49).

Dans le texte
thumbnail Figure 5

Evolution de la date de vendange pour quatre parcelles, situées dans le Val de Loire, de 1970 à 2010 (Source des données : Laboratoire de Touraine). Evolution of the harvest dates for four plots, situated in the Loire Valley, from 1970 to 2010 (Data source: Laboratoire de Touraine).

Dans le texte
thumbnail Figure 6

Evolution de l’indice de Huglin (IH) à Saumur, de 1950 à 2010. (Source des données : Météo-France). Evolution of the Heliothermal index of Huglin (HI) at Saumur, from 1950 and 2010 (Data source: Météo-France).

Dans le texte

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