Open Access
Issue
Climatologie
Volume 5, 2008
Page(s) 99 - 112
DOI https://doi.org/10.4267/climatologie.806
Published online 09 October 2015

© Association internationale de climatologie 2008

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Introduction

Depuis 1950 environ, la savane du littoral congolais (figure 1) est progressivement plantée d’Eucalyptus en peuplements denses exploités par rotations d’environ sept ans (Laclau et al., 2000). Des plantations sont dites durables si elles répondent à de multiples critères, sociologiques, politiques, économiques et écologiques qui ont été redéfinis par le rapport de Brundtland (World Commission on Environement and Development, 1987). La durabilité de ces plantations d’Eucalyptus correspondrait à la situation théorique pour laquelle un écosystème proche de la savane d’origine succèderait à ces plantations si on cessait de les cultiver, ce qui suppose que les conditions climatiques régionales et pédologiques n’aient pas été radicalement modifiées par l’existence de ces plantations. Pour apprécier la durabilité de ces plantations d’Eucalyptus, il faut faire l’étude comparée des bilans énergétiques, carbonés, minéraux et hydriques des deux écosystèmes, l’écosystème d’origine, la savane, et l’écosystème artificiel qui lui a succédé, les plantations d’Eucalyptus.

thumbnail Figure 1

Localisation de la zone d’étude : région du Kouilou, sur la façade atlantique de la République du Congo (surface de 13 315 km2, située entre le Cabinda au sud et le Gabon au nord); cette région est soumise à un climat tropical humide de type équatorial de transition (climat bas-congolais). La façade maritime du Congo constitue la partie septentrionale de la zone plus sèche qui borde le continent africain au sud-ouest) avec des précipitations moyennes annuelles de Pi49-98=1188,4 mm, une évapotranspiration potentielle (Penman) de 1390,4 mm.an−1 (ETP92-98=3,8 mm jour−1; ETPpluies=4,2 mm jour−1, ETPsèche=3,2 mm jour−1), une température moyenne de l’air de 24,9°C (tmax=28,2°C, tmin=21,9°C), une humidité relative de l’air de 81,1% (Hmax=95,5%, Hmin=66,4%); moyennes calculées sur la période 1949-1998 à la station de référence de Pointe-Noire. La saison des pluies s’étale sur environ 150 jours de novembre à avril, la saison sèche va de juin à septembre; les mois de mai et octobre sont considérés comme des mois de transition. La zone d’étude se situe dans le bassin sédimentaire côtier tertiaire (pliocène), de la série de cirques avec grès argileux, sables et argile. Les sols des stations d’études sont des sols ferralitiques fortement dessaturés à texture sablo-argileuse (Vennetier, 1968). Les deux stations d’études sont situées à 40 km de Pointe-Noire à proximité du lieu-dit Kondi (latitude 4°34’S, longitude 11°54’E, altitude : 125 m). Location of the study area (region of Kouilou, D.R. of Congo).

thumbnail Figure 2

Relation entre la transpiration relative du peuplement (transpiration/évapotranspiration potentielle, T/ETP) et la réserve en eau du sol (valeurs moyennes mensuelles du 17 février 1997 au 26 juillet 1999 : (a) plantation d’Eucalyptus (Eucalyptus PF1 et Eucalyptus 12ABL*saligna); (b) savane à Loudetia arundinacea. Relations between relative transpiration and the reserve of ground water for (a) an eucalyptus plantations and (b) a savannah.

L’objectif de ce travail est d’étudier le bilan hydrique des deux écosystèmes et, plus particulièrement, leur évapotranspiration réelle (transpiration et évaporation). La transpiration est le moteur du transfert de l’eau à travers la plante : il se crée une différence de potentiel hydrique entre les feuilles et les racines qui est à l’origine du flux d’absorption (une pompe hydraulique aspirante transférant l’eau du sol vers l’atmosphère, i.e. le continuum sol-plante-atmosphère). La transpiration d’un écosystème est déterminée par :

  • la demande évaporative de l’atmosphère (évapotranspiration potentielle) dépendant du rayonnement solaire, du déficit de l’humidité de l’air, de la température et de la vitesse du vent;

  • les mécanismes physiologiques de régulation stomatique du couvert, dépendant du génotype;

  • la structure du couvert végétal et, plus particulièrement, l’indice foliaire;

  • la quantité d’eau disponible pour la végétation, via la réserve utile du sol;

L’Eucalyptus a été choisi pour sa croissance rapide, les rotations étant de sept ans. Des plantations d’Eucalyptus durables seraient des plantations dont la consommation en eau ne serait pas « excessive », les clones utilisés consommant moins que d’autres clones d’Eucalyptus ou que certains autres espèces (par exemple Pinus caribaea).

Cette étude fournira les données nécessaires à la calibration d’un modèle hydrique permettant aux équipes de l’UR2PI de Pointe-Noire (Unité de Recherche sur la Productivité des Plantations Industrielles), du CIRAD et de l’INRA de Nancy d’étudier sur les mêmes sites le cycle des éléments minéraux majeurs (N, P, K, Ca, Mg) constituant des aspects de la durabilité de ces plantations d’Eucalyptus (Bouillet et al., 1999).

1. Matériel et méthodes, stations d’études et dispositif expérimental

L’expression simplifiée du bilan hydrique du sol d’une savane (photo 1) ou d’une plantation d’Eucalyptus (photo 2) peut s’écrire sous la forme suivante :

[1]

[2]

[3]avec : Pi, précipitations incidentes, en mm jour−1; ETR, évapotranspiration réelle du peuplement, en mm jour−1; D, drainage, en mm jour−1; ΔR, variation de la réserve en eau du sol, en mm; Δt, pas de temps des calculs, en jours; T, transpiration, en mm jour−1; In, interception nette, en mm jour−1; Es, évaporation du sol, en mm jour−1; Ps, précipitations au sol, en mm jour−1; Ec, écoulement le long des troncs pour la plantation, en mm jour−1.

thumbnail Photo 1

Vue de la station d’étude n°1 : une savane dominée à 90% par Lutetia arundinacea (hauteur moyenne de 1,5 m; biomasse maximale de 3,5 tonnes ha−1 et masse morte maximale de 4,6 tonnes ha−1, indice foliaire de 4,3; zone racinaire de 3 m; capacité au champ Rcc=363 mm; point de flétrissement permanent RPFP=181,8 mm; réserve utile RRU=181,2 mm). View of the first station studied.

thumbnail Photo 2

Vue de la station d’étude n°2 : une futaie d’Eucalyptus (Eucalyptus PF1 et Eucalyptus 12ABL*saligna plantés en janvier 1992 à l’état de plantules issues de boutures, plantules d’environ 0,3 m de hauteur) de cinq ans plantés selon des rangs orientés sud-ouest avec un écartement de 4 m entre deux individus d’une même ligne et un écartement de 4,7 m entre deux lignes : hauteur moyenne de 24,2 m; circonférence moyenne de 53,4 cm; densité de 502 arbres ha−1; surface terrière de 11,0 m2 ha−1; indice foliaire de 3,2; volume de bois de 118,5 m3 ha−1; zone racinaire de 5 m; capacité au champ Rcc=617,6 mm; point de flétrissement permanent RPFP=309,2 mm; réserve utile RRU=308,4 mm. View of the second station studied.

Cette expression considère comme négligeable l’évaporation directe du sol et de la litière, approximation raisonnable seulement en période de dessèchement. La réserve en eau du profil du sol (R), les précipitations au dessus du peuplement (Pi) et au sol (Ps) ainsi que l’écoulement le long des troncs (Ec) ont été mesurés; les valeurs du drainage (D), l’évapotranspiration (ETR), l’interception (In) et la transpiration (T) de la plantation et de la savane ont été estimées à partir de l’équation du bilan.

Par ailleurs, la transpiration de la plantation est estimée par la méthode du flux de sève : l’eau ayant une très forte chaleur massique, la méthode est basée sur la mesure de la vitesse de déplacement d’une onde thermique suite à l’émission d’une brève impulsion de chaleur (Granier, 1987). Dans l’équation du bilan, on suppose que l’ETR est égale à l’ETP (évapotranspiration potentielle) en période humide (réserve du sol à la capacité au champ, RCC) et, au contraire, un drainage nul en période sèche (réserve du sol inférieure à la capacité au champ). Dans le bilan hydrique du sol à l’échelle d’une journée, les valeurs de l’ETR sont calculées comme suit :

[4]

[5]avec ETP, évapotranspiration potentielle en mm jour−1.

Pour estimer l’évapotranspiration potentielle, nous avons utilisé la formule de Penman (1948). Les valeurs ont été calculées chaque jour pour les deux stations d’études, puis cumulées sur les durées correspondant aux intervalles de mesures. Cette équation est applicable pour un couvert dense et étendu (i.e. > 100 m2).

[6]avec : Rn, rayonnement net ou effectif, en W m−2; λ, chaleur latente de vaporisation, en J kg−1 (2451,8 J g−1); γ, constante psychrométrique, en kPa °C−1; Ea, évaporation d’une surface dont la température serait celle de l’air, mesurée sous abri, en mm jour−1; Δ, dérivée de la fonction reliant la pression de vapeur d’eau saturante de l’air et la température de l’air, en kPa °C−1,où :

[7]Avec : Rn, rayonnement net ou effectif, en W m−2; Rg,rayonnement solaire global, en W m−2; Ra, rayonnement atmosphérique, en W m−2; Rt, rayonnement terrestre, en W m−2; a, albédo de la surface (albédo de la plantation d’Eucalyptus : a=0,13; albédo de la savane : a=0,25).

L’hypothèse d’un drainage nul lorsque R<Rcc est liée à la texture sableuse du sol, qui implique une chute très rapide de conductivité hydrique avec le dessèchement du sol. Elle n’est strictement vraie que lorsque l’humidité de l’horizon le plus profond est devenue inférieure de quelques points à sa valeur à la capacité au champ. Dans les deux cas (équations [4] et [5]), la transpiration du peuplement est calculée en soustrayant l’interception nette (In) calculée à l’aide de l’équation [8] de l’évapotranspiration réelle (ETR) :

[8]

Ces calculs utilisent les notions de capacité de rétention en eau maximale du sol de la zone racinaire (capacité au champ, Rcc), de capacité de rétention minimale (point de flétrissement permanent, Rpfp) et d’évapotranspiration potentielle (ETP). La zone exploitée par les racines a été bien délimitée (5 m pour la plantation et 3 m pour la savane); d’autre part, les caractéristiques topographiques et pédologiques sont telles qu’il n’y a sur les stations d’expérimentation ni nappe phréatique proche, ni ruissellement en surface et dans le sol (pente proche de ±1%). Nous avons déterminé les valeurs de Rcc et Rpfp in situ comme étant les valeurs maximale et minimale de la réserve en eau. Le tableau 1 synthétise l’ensemble des mesures effectuées (type de mesure, fréquence, caractéristique du matériel utilisé).

Tableau 1

Acquisition des données, type et fréquence des mesures et caractéristiques de matériel. Data acquisition, type and frequency of measurements, characteristics of equipments.

Les données météorologiques proviennent de la station météorologique de Pointe-Noire, située à 40 km au sud des stations d’études (Direction de l’Exploitation Météorologique de l’ASECNA, Aéroport de Pointe-Noire, latitude 4°49’S, longitude 11°54’E, altitude 16 m IGN). Les données météorologiques issues respectivement de la station météorologique et du site d’étude ont été comparées en 1996 par Nizinski et al. (2002) et sont similaires.

2. Résultats et discussion

2.1. Climat local et type de couvert

Les résultats concernent la période allant du 17 février 1997 au 26 juillet 1999. Nous nous servirons de la classification de Vennetier (1968) qui décompose l’année pluviométrique en saison des pluies de novembre à avril (ici 1996-97, 1997-98 et 1998-99), saison sèche de juin à septembre (ici 1997 et 1998); les mois de mai et octobre sont considérés comme des mois de transition. Les précipitations incidentes annuelles (Pi) et l’évapotranspiration potentielle annuelle (ETP) ont été respectivement en 1996 de 1149,8 et 1352,8 mm an−1; pour 1997, de 1231,3 et 1356,7 mm an−1; pour 1998, de 1273,8 et 1389,5 mm an−1. Ces trois années sont très proches des moyennes annuelles de Pi et de ETP établies de 1949 à 1998 pour Pi et de 1992 à 1998 pour ETP, respectivement Pi49-98 de 1188,4 mm an−1 et ETP92-98 de 1390,4 mm an−1 (tableau 2). Nous avons ensuite comparé les précipitations incidentes à la moyenne calculée sur 49 ans (Pi49-98=1034,3 mm) : la saison des pluies 1996-97 est déficitaire par rapport à la moyenne (Pi96-97=459 mm, soit 44% de Pi49-98); les précipitations de la saison des pluies 1997-98 (Pi97-98=1338 mm, soit 129% de Pi49-98) et de celle de 1998-99 (Pi98-99=1140 mm, soit 110% de Pi49-98) sont supérieures à la moyenne. L’ETP est proche de la moyenne 1992-98 (ETP92-98=1390 mm an−1) sur toute l’étude soit, pour 1996, 1353 mm an−1 (97% de ETP92-98), pour 1997, 1357 mm an−1 (98% de ETP92-98), pour 1998, 1389 mm an−1 (99% de ETP92-98).

Tableau 2

Rayonnement net (Rn), précipitations incidentes (Pi), précipitations au sol (Ps), interception nette (In), transpiration (T), drainage (D), évapotranspiration réelle (ETR) et potentielle (ETP). Valeurs cumulées durant les saisons des pluies et saisons sèches du 17 février 1997 au 26 juillet 1999 : (a) plantation d’Eucalyptus (Eucalyptus PF1 et Eucalyptus 12ABL*saligna); (b) savane à Loudetia arundinacea. Net radiation (Rn), incident precipitation (Pi), precipitation on the ground (Ps), net interception (In), transpiration (T), drainage (D), actual evapotranspiration (ETR) and potential evapotranspiration (ETP) for (a) an eucalyptus plantations and (b) a savannah.

Le peuplement d’Eucalyptus (Eucalyptus PF1 et Eucalyptus 12ABL*saligna) a des feuilles toute l’année (indice foliaire de 3,2), donc absorbe/transpire toute l’année. Les herbacées de la savane (dominée par Lutetia arundinacea, présence de Elyonrus brazzae, Ctenium newtonii, Rhynchelytrum nerviglume, Lutetia simplex, Probelaniceps, Erosema glomeratum, Cassia mimosoides, Cyanotis) sont des plantes annuelles qui absorbent et transpirent pendant la saison des pluies, et pendant les mois de transition (mai et octobre), avec un indice foliaire moyen de 2,9 et un maximum de 4,1 en février (Nizinski et al., 2002).

2.2. Couverts arborescent et herbacée : incidence sur les éléments du bilan hydrique

Le bilan hydrique du sol dépend du type de couvert (par sa structure : étendue, taille, rugosité, présence ou absence des feuilles, pigmentations, etc), le type de couvert conditionnant le bilan radiatif et énergétique Rn – voir équation [7]) : la quantité de rayonnement solaire absorbée par les surfaces (dépendant de l’albédo) est dissipée, pour l’essentiel, dans l’air environnant sous forme de chaleur latente (λE; utilisé dans le processus d’évaporation d’eau) et sous forme de chaleur sensible (H; température ambiante). Les valeurs de l’albédo utilisées dans le calcul de l’ETP pour les années 1996 et 1997 (albédo aEucalptus=0,13 et aSavane=0,25) sont issues de la bibliographie de Pinker et al., (1980). Ces valeurs ont été vérifiées par des mesures in situ en septembre 1998 (aEucalptus=0,12 et aSavane=0,23; Nizinski et al., 2002).

Pour la période 1992-98 (durée de vie prévue de la plantation étudiée; tableau 2), la moyenne du rayonnement net moyen journalier (W m−2) est pour la plantation et pour la savane respectivement de 387 et 320 W m−2 (voir le détail des valeurs de la saison des pluies et de la saison sèche; tableau 2). Ainsi, la quantité d’énergie disponible pour la plantation est supérieure à l’énergie disponible pour la savane de 74 W m−2 en saison des pluies et de 51 W m−2 en saison sèche, d’où une quantité d’énergie utilisée pour évaporer l’eau supérieure au sein de la plantation par rapport à la savane. Le rayonnement net moyen journalier pendant les années 1996, 1997 et 1998 (tableau 2) est inférieur à la moyenne établie sur la période 1992-98; nous avons, pour la plantation et la savane, respectivement 3385 et 319 W m−2 en 1996; 367 et 303 W m−2 en 1997; 377 et 311 W m−2 en 1998.

Les valeurs de Rn de la savane (moyenne sur les trois années étudiées) sont comparées à celles obtenues par Riou (1975) au Centre ORSTOM de Brazzaville pour un gazon bien alimenté en eau pour la période 1968-71(240 W m−2 en saison des pluies et 166 W m−2 en saison sèche). Ces valeurs sont supérieures respectivement de 117 et de 65 W m−2 aux nôtres, la différence étant due au type de surface et à la durée d’insolation de Pointe-Noire supérieure à celle de Brazzaville.

L’évapotranspiration potentielle moyenne annuelle et moyenne journalière calculée sur la période 1992-98 est de 1395 mm an−1 (3,8 mm jour−1 sur l’année, 4,1 en saison de pluies et 3,1 en saison sèche). Elle est proche de celle estimée par Riou (1975), calculée suivant la même formule de Penman pour la région de Brazzaville (ETP68-71 = 1420 mm an−1). L’évapotranspiration potentielle moyenne annuelle et moyenne journalière calculée sur la période 1996-98 (tableau 2) a été respectivement pour la plantation et pour la savane de 830 et de 760 mm (4,6 et 4,2 mm jour−1) en saison des pluies et de 388 et de 361 (3,2 et 3 mm jour−1) en saison sèche.

Les précipitations au sol et l’interception nette moyenne sur les trois saisons des pluies s’élèvent respectivement à 867 et 112 mm (89 et 11% de Pi) pour la plantation d’Eucalyptus et à 878 et 101 mm (90% et 10% de Pi) pour la savane. Pour la plantation d’Eucalyptus, les valeurs sont proches de celles obtenues par George (1978) pour un peuplement d’Eucalyptus tereticornis en Inde âgé de 6 ans (Pi=1670 mm an−1) pour lequel In=12% de Pi; nous citerons aussi Calder (1986) concernant un peuplement d’Eucalyptus saligna âgé de 6 ans au Brésil (Pi=1280 mm an−1) pour lequel In=12% de Pi, ainsi que Smith (1974) concernant un peuplement d’Eucalyptus regnans en Australie (Pi=810 mm an−1) pour lequel In=11% de Pi. En moyenne, sur les trois années étudiées, les entrées d’eau sous forme de précipitations au sol de la plantation sont inférieures de 11 mm à celles de la savane; mais si on ajoute l’écoulement le long des troncs (19,6 mm), les entrées d’eau dans la plantation sont alors de 8,6 mm supérieures à celles de la savane. La capacité maximale de rétention en eau des deux types de couvert, 0,9 mm pour la plantation et 0,6 mm pour la savane, explique ces valeurs ainsi que celles de l’interception nette. On comparera les valeurs de capacité maximale de rétention en eau du couvert de la plantation à celles citées par Calder (1986) à propos de plantations d’Eucalyptus se situant à Fiji (valeurs comprises entre 0,8 et 1,4 mm).

2.3. Eléments du bilan : transpiration, T/ETP, évapotranspiration réelle et drainage

La transpiration moyenne saisonnière et moyenne journalière sur les trois années 1996, 1997 et 1998, pour la plantation et pour la savane, est respectivement de 655 et de 478 mm (3,6 et 2,6 mm jour−1) en saison des pluies, et de 168 et 112 mm (1,4 et 0,9 mm jour−1) en saison sèche. Pour de nombreux peuplements d’Eucalyptus, la transpiration moyenne journalière varie de 3 à 5 mm jour−1 en conditions hydriques non limitantes, avec des maxima journaliers allant jusqu’à 6-8 mm jour−1 selon Dye (1987) et des minima de 1 à 3 mm jour−1 selon Roberts et Rosier (1993).

L’indice foliaire maximal (LAI, Leaf Area Index) obtenu pour notre station d’Eucalyptus est de 3,2. Cette valeur est proche de celles de peuplements comparables. Selon Roberts et al. (1992), pour des peuplements indiens âgés de 6 ans, il est de 2,2 pour Eucalyptus tereticornis et de 2,3 pour Eucalyptus camaldulensis; selon Gazarini et al. (1990), il est de 3,8 pour Eucalyptus grandis âgé de 6 ans et situé au Portugal et, selon Beadle et al. (1995), de 3 à 4,5 pour Eucalyptus globulus âgé de 4 ans et situé en Australie.

La résistance stomatique moyenne du couvert d’Eucalyptus, rs (moyenne établie de 1996 à 1998) a été calculée en utilisant le modèle de Jarvis (Stewart, 1988). Elle dépend (a) de la résistance stomatique minimale rsmin mesurée dans des conditions supposées non limitantes de disponibilité en eau, (b) de l’indice foliaire, (c) du rayonnement net, (d) du déficit de saturation en vapeur d’eau de l’air, (e) de la différence entre la réserve en eau à la capacité au champ et la réserve en eau du moment RCC-R. Pour un indice foliaire de 3,2, la résistance stomatique minimale est de 6,1 m s−1 en saison des pluies et de 16,7 m s−1 en saison sèche. Nos valeurs de résistance stomatique minimale en saison des pluies recoupent celles de Beadle et al. (1995) : en conditions hydriques non limitantes, la résistance stomatique minimale moyenne d’un couvert d’Eucalyptus (valeurs moyennes annuelles de plusieurs peuplements) est de 5,9 m s−1 pour un indice foliaire de 3,5. La résistance stomatique minimale moyenne de la savane est respectivement de 3,5 m s−1 en saison des pluies et de 5,4 m s−1 en saison sèche pour un indice foliaire compris entre 2,6 en août à 4,1 en février.

La transpiration (T) et l’évapotranspiration potentielle (ETP) varient dans le temps, et le rapport T/ETP (transpiration relative) varie en fonction de l’état hydrique du sol. La variation de T/ETP en fonction de la réserve en eau du sol, exprimée relativement à la réserve à la capacité au champ (R/RCC), dépend de l’espèce et rend compte de sa régulation stomatique. Pour la plantation (figure 2), le rapport T/ETP diminue suivant une courbe hyperbolique de 1 à 0-0,2, valeur correspondant à une réserve en eau du sol proche du point de flétrissement permanent (53% de RCC, soit 328 mm).

La valeur moyenne de la saison des pluies (0,79, sol bien alimenté en eau, R≈RCC) est proche de celle citée par George (1978) pour des peuplements identiques situés en Inde, âgés de 6 ans et dans des conditions similaires pour lesquels T/ETP=0,81 (Eucalyptus tereticornis, Pi=1670 mm an−1). Calder (1986) a étudié des peuplements d’Eucalyptus saligna âgés de 6 ans, au Brésil (Pi=1280 mm an−1) pour lesquels T/ETP=0,84. Myers et al. (1996) ainsi que Honeysett et al. (1996) donnent une valeur T/ETP comprise entre 0,76 et 0,86 pour un peuplement d’Eucalyptus situé en Australie et en Tasmanie ayant un LAI de 2,8 à 3,1 (Eucalyptus grandis).

La variation du rapport T/ETP de la savane en fonction de l’état hydrique du sol (figure 2) est différente de celle de la plantation : T/ETP varie de façon linéaire en fonction de R/RCC; la valeur moyenne de T/ETP est de 0,61 pendant la saison des pluies (R proche de RCC=363 mm) et de 0,34 pendant la saison sèche (R proche de 51% de RCC, soit 185 mm). Alors que l’on observe pour la plantation des valeurs nulles de T/ETP (pour R proche du RPFP), les valeurs les plus faibles observées pour la savane vont de 0,19 à 0,25. Et quelle que soit la réserve en eau du sol, pour une valeur donnée de cette réserve en eau du sol, la transpiration relative de la plantation est toujours supérieure à celle de la savane. On pourra qualifier le type de régulation stomatique de la plantation comme « peu marqué ».

Lors de la saison des pluies des trois années étudiées, la plantation a évapotranspiré en moyenne 767 mm d’eau, soit une ETR moyenne journalière de 4,2 mm jour−1. Dye (1987) donne une valeur d’ETR de 4,7 mm jour−1, valeur moyenne journalière en saison des pluies, calculée sur 57 jours, pour un peuplement d’Eucalyptus grandis situé dans le Transvaal Oriental en Afrique du Sud (Pi=1250 mm an−1, peuplement âgé de 6 ans, hauteur de 21,9 m, 725 arbres ha−1, LAI=4,23). Pendant les mêmes périodes, la savane a évapotranspiré 579 mm d’eau, soit une moyenne journalière de 3,2 mm jour−1. Lors de la saison sèche, l’ETR moyenne de la plantation et de la savane est respectivement de 183 et 121,5 mm (1,5 et 1 mm jour−1).

La validité des mesures d’ETR dépend du choix des stations qui doivent répondre aux exigences de l’application de l’équation de Penman-Monteith : un couvert dense et homogène d’une surface supérieure à 10 000 m2. La difficulté réside dans la possibilité de transferts horizontaux d’énergie, ce qu’a observé Sharma (1984) pour des plantations d’Eucalyptus marginata et Eucalyptus calophylla à l’ouest de l’Australie (avec Pi=1100 mm an−1), pour lesquelles l’ETR a été supérieure à l’ETP à cause de transferts horizontaux d’énergie. Nous n’avons pas observé ce type de phénomène et enregistrons une très bonne corrélation entre l’ETR mesurée via l’équation de Penman-Monteith, celle obtenue par la méthode du bilan hydrique et celle provenant du rapport de Bowen (Nizinski et al. 2002).

L’évolution sur trois ans de la teneur en eau du sol en fonction de la profondeur (profils hydriques du sol) pour la plantation et la savane a permis de délimiter leur zone racinaire : la totalité de l’eau absorbée par ces deux écosystèmes provient des cinq premiers mètres de profondeur pour la plantation et des trois premiers mètres pour la savane. L’analyse des profils hydriques de la plantation rejoint les résultats des mesures de flux de sève effectuées dans la plantation d’Eucalyptus lors de la saison sèche de 1997 : les arbres subissant un stress hydrique important (par exemple T=0,8 mm jour−1, ETP=3,1 mm jour−1 et T/ETP=0,26) ne prélèvent pas d’eau en deçà de cinq mètres de profondeur. Cette délimitation de la zone racinaire a une importance capitale dans la méthode employée et dans la précision d’appréciation de la quantité d’eau disponible pour chacun des deux écosystèmes.

Dans la savane (tableau 2), il y a drainage en dehors de la zone racinaire lors des saisons des pluies 1997-98 et 1998-99. Si on cumule le drainage sur les trois années étudiées (0, 390 et 438 mm), on obtient un total de 827 mm. Dans la plantation (tableau 2), on retrouve les mêmes variations mais le drainage hors de la zone racinaire est moindre (0, 207 et 263 mm sur les trois années étudiées, soit un cumul de 470 mm). Lors de la saison des pluies 1996-97, il n’y a de drainage ni dans la plantation ni dans la savane; lors des saisons des pluies 1997-98 et 1998-99, le drainage dans la savane fut supérieur à celui de la plantation de respectivement 183 et 174 mm. Ces valeurs sont proches de celles obtenues en Afrique du Sud par Van Lill et al. (1980) pour des bassins versants qui étaient à l’origine couverts de savanes puis furent plantés d’Eucalyptus (zone avec précipitations incidentes annuelles de 1150 mm an−1) : le boisement avec Eucalyptus grandis a réduit le ruissellement vers les cours d’eau de 340 mm cumulés sur trois ans; ce ruissellement provenait du drainage, le boisement ayant donc réduit le drainage hors de la zone racinaire.

2.4. Durabilité des plantations d’Eucalyptus

Chacun des deux écosystèmes ayant une ETR qui lui est propre, pour l’impact des Pi sur le bilan hydrique de ces deux écosystèmes, nous avons conçu la notion d’année déficitaire théorique. Si on compare l’ETR et le drainage de la plantation et de la savane en valeurs cumulées sur les trois années étudiées, l’ETR de la plantation est supérieure de 688 mm à celle de la savane et le drainage de la plantation est inférieur de 306 mm à celui de la savane : les plantations d’Eucalyptus pouvant être considérées comme d’anciennes savanes, le boisement de la savane avec des Eucalyptus augmente l’ETR et réduit le drainage. L’année déficitaire théorique, à savoir une année pour laquelle les précipitations incidentes de l’année (Pi) sont inférieures à l’évapotranspiration réelle moyenne annuelle, sont calculée sur les trois années étudiées (respectivement ETR96-99=1127 mm an−1 pour la plantation et ETR96-99=821 mm an−1 pour la savane)..

Sur une période de quarante neuf ans (1949-98), le nombre d’années déficitaires théoriques est de dix-sept pour la plantation et de trois (1958, 1978 et 1989) pour la savane. Mais, si on considère maintenant la variable du « nombre d’années déficitaires théoriques successives », ce phénomène a eu lieu une fois pour la plantation pendant quatre années successives (1971 à 1974) mais aucune fois pour la savane.

Lors de la saison des pluies 1996-97, année particulièrement déficitaire (Pi96-97=459 mm, soit 44% de Pi50-98) et considérée comme une année déficitaire théorique, la plantation a évapotranspiré 740 mm. Cette hauteur d’eau correspond à la totalité des précipitations incidentes tombées lors de cette saison des pluies (Pi96-97=459 mm), à laquelle il faut ajouter 281 mm d’eau qui ont donc été prélevés dans la zone racinaire (de 5 m de profondeur), desséchant ainsi la zone racinaire vers la fin de la saison sèche 1997 (septembre) jusqu’au point de flétrissement permanent (52% de la réserve totale). L’analyse des profils hydriques rend bien compte de ces phénomènes. Dans le même temps, la savane a évapotranspiré 473 mm, ce qui correspond à seulement 14 mm prélevés dans la zone racinaire, à opposer aux 281 mm prélevés dans le cas de la plantation. A la fin de la saison sèche, le sol est au point de flétrissement permanent dans la plantation alors que dans la savane, il subsiste dans le sol une quantité d’eau qui représente 15% de RRU, soit 27 mm (pour une zone racinaire de 3 m de profondeur).

La plantation d’Eucalyptus est un écosystème artificiel qui absorbe/transpire toute l’année et qui consomme toute l’eau disponible. La succession de plusieurs années déficitaires se traduit par l’épuisement de la réserve en eau disponible dans le sol, épuisement dont on peut supposer qu’il entraîne une réduction de la production de bois de la plantation. Dans le cas de la savane, sachant qu’il subsiste 27 mm d’eau dans le sol à la fin de la saison sèche 1996-97, on peut imaginer le scénario d’autres années déficitaires succédant à une année du type 1996-97 : les 27 mm seraient alors utilisés sans incidence sur la production de la savane.

Sachant qu’entre 1950 et 1998, il n’y a eu qu’un seul épisode de quatre années déficitaires successives pour la plantation dans le bassin du Kouilou, et que la durée de rotation d’une plantation est de sept ans, on peut supposer que ce type d’épisode « sec » ne compromet pas la survie des plantations, mais qu’il ne fait que réduire leur production. Dans le cas de la savane, il n’y a pas eu ce type d’épisode « sec » : la savane est l’écosystème naturel adapté au climat du Bas-Congo, caractérisé par une variabilité interannuelle des précipitations incidentes importante; ces conditions climatiques ont sélectionné un écosystème dont l’ETR est faible, plus faible que l’ETR d’une plantation d’Eucalyptus.

L’aire de distribution naturelle du genre Eucalyptus s’étend entre 7° de latitude nord et 43°39’ de latitude sud (Sadanandan et Brown, 1997) : on peut classer les Eucalyptus en deux grands groupes, l’un « économe en eau » et l’autre « grand consommateur en eau ». Les clones étudiés Eucalyptus PF1 et Eucalyptus 12ABL*saligna appartiennent au second groupe et proviennent d’un hybride introduit de Java (zone tropicale humide avec des précipitations incidentes moyennes annuelles de 2030 mm an−1), à croissance rapide dont les feuilles ont une durée de vie courte (environ de 6-9 mois) et une régulation stomatique « peu marquée » (rsmin=3,5 à 5,9 m s−1 en saison des pluies). La durée de vie des feuilles des Eucalyptus de la station est d’environ 6-9 mois (Nizinski et al. 2002) et les résistances stomatiques minimales observées situent le peuplement étudié comme appartenant au groupe « grands consommateurs en eau ». Or, le climat du Bas-Congo est caractérisé par une variabilité inter-annuelle des précipitations incidentes importante (de Pi58=296,0 mm an−1 à Pi60=2045,3 mm an−1). L’eau est un facteur limitant pour ces deux clones, néanmoins bien acclimatés au climat régional. On peut illustrer cette acclimatation par l’utilisation de l’hydromasse en saison sèche : les forestiers ont suivi l’accroissement de bois dans le massif d’Eucalyptus étudié à l’aide de colliers fixés sur les troncs d’arbres à 1,30 mètre du sol de 1992 à 1998, période pendant laquelle il n’y a qu’une année déficitaire (1996-97). Sur cette durée de sept ans, ils n’ont pas observé de diminution significative de la production de bois lors des saisons sèches. Si des capteurs plus fins (capteurs de déplacement) avaient été utilisés, nous aurions peut-être pu observer l’utilisation de l’hydromasse lors de ces saisons sèches (pour un peuplement de 24 m, l’hydromasse est d’environ 20 à 30 mm selon Granier, 1987). Si on « étale » ces 30 mm sur la saison sèche (juillet et d’août), on obtient une valeur de 0,5 mm jour−1 à ajouter au flux de sève (mesuré à 1,30 m du sol) qui s’élève à 0,5 mm jour−1 (valeur moyenne du 24 mai au 1 août 1997). Il est alors possible d’estimer une transpiration journalière d’environ 1 mm jour−1. Pour une ETP proche de 2 mm jour−1 (saison sèche 1997), le rapport T/ETP serait alors de 0,5, situation proche du rapport optimum (T/ETP=0,79) et de la résistance stomatique minimale. L’utilisation de l’hydromasse en saison sèche évite donc ou modère, selon les années, la chute de production en saison sèche.

Conclusion

La succession de plusieurs années déficitaires réduit la production de bois de la plantation, mais ne compromet pas sa survie compte tenu du type de rotation de ces plantations, premier élément positif pour conclure à la durabilité de ces plantations. Le boisement de la savane avec des plantations d’Eucalyptus réduit le drainage, la teneur en eau du sol des plantations étant globalement toujours inférieure à celle du sol de la savane. A long terme, cette faible teneur en eau induit-elle une modification des caractéristiques chimiques et biologiques du sol ? Une étude des sols et des bilans carboné et minéral des deux écosystèmes reste à faire pour déterminer ces aspects de la durabilité de ces plantations. Le boisement de la savane avec des plantations d’Eucalyptus augmente l’ETR. A long terme, y aura-t-il modification du climat local ou régional ? L’étude est à entreprendre dès maintenant pour déterminer cet autre aspect de la durabilité des plantations.

Les peuplements actuels dans le bassin du Kouilou couvrent 43 000 ha, les prévisions pour 2015 sont de 100 000 ha. Des études simultanées de la croissance et de la transpiration devront permettre de sélectionner les clones favorisant des plantations durables. Sachant que l’eau est un facteur limitant de la production de bois des clones actuels, il faudrait étudier les réponses à l’alimentation en eau des clones choisis pour les futures plantations pour comparer (1) leur vitesse de croissance pour des conditions données d’alimentation en eau, (2) leur efficacité d’utilisation de l’eau, à savoir la quantité de matière sèche produite par unité de volume d’eau consommé, quelle que soit leur vitesse de croissance et, pour finalement sélectionner l’une ou l’autre de ces caractéristiques. Si on suppose qu’une ETR élevée modifiera le climat régional à long terme, les clones à l’origine de plantations durables ne devront pas nécessairement être les plus productifs en bois.

Remerciements

Cette étude a été financée par l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD). Les auteurs remercient Jean-Baptiste Diaenza, pour son aide sur le terrain.

Références

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Liste des tableaux

Tableau 1

Acquisition des données, type et fréquence des mesures et caractéristiques de matériel. Data acquisition, type and frequency of measurements, characteristics of equipments.

Tableau 2

Rayonnement net (Rn), précipitations incidentes (Pi), précipitations au sol (Ps), interception nette (In), transpiration (T), drainage (D), évapotranspiration réelle (ETR) et potentielle (ETP). Valeurs cumulées durant les saisons des pluies et saisons sèches du 17 février 1997 au 26 juillet 1999 : (a) plantation d’Eucalyptus (Eucalyptus PF1 et Eucalyptus 12ABL*saligna); (b) savane à Loudetia arundinacea. Net radiation (Rn), incident precipitation (Pi), precipitation on the ground (Ps), net interception (In), transpiration (T), drainage (D), actual evapotranspiration (ETR) and potential evapotranspiration (ETP) for (a) an eucalyptus plantations and (b) a savannah.

Liste des figures

thumbnail Figure 1

Localisation de la zone d’étude : région du Kouilou, sur la façade atlantique de la République du Congo (surface de 13 315 km2, située entre le Cabinda au sud et le Gabon au nord); cette région est soumise à un climat tropical humide de type équatorial de transition (climat bas-congolais). La façade maritime du Congo constitue la partie septentrionale de la zone plus sèche qui borde le continent africain au sud-ouest) avec des précipitations moyennes annuelles de Pi49-98=1188,4 mm, une évapotranspiration potentielle (Penman) de 1390,4 mm.an−1 (ETP92-98=3,8 mm jour−1; ETPpluies=4,2 mm jour−1, ETPsèche=3,2 mm jour−1), une température moyenne de l’air de 24,9°C (tmax=28,2°C, tmin=21,9°C), une humidité relative de l’air de 81,1% (Hmax=95,5%, Hmin=66,4%); moyennes calculées sur la période 1949-1998 à la station de référence de Pointe-Noire. La saison des pluies s’étale sur environ 150 jours de novembre à avril, la saison sèche va de juin à septembre; les mois de mai et octobre sont considérés comme des mois de transition. La zone d’étude se situe dans le bassin sédimentaire côtier tertiaire (pliocène), de la série de cirques avec grès argileux, sables et argile. Les sols des stations d’études sont des sols ferralitiques fortement dessaturés à texture sablo-argileuse (Vennetier, 1968). Les deux stations d’études sont situées à 40 km de Pointe-Noire à proximité du lieu-dit Kondi (latitude 4°34’S, longitude 11°54’E, altitude : 125 m). Location of the study area (region of Kouilou, D.R. of Congo).

Dans le texte
thumbnail Figure 2

Relation entre la transpiration relative du peuplement (transpiration/évapotranspiration potentielle, T/ETP) et la réserve en eau du sol (valeurs moyennes mensuelles du 17 février 1997 au 26 juillet 1999 : (a) plantation d’Eucalyptus (Eucalyptus PF1 et Eucalyptus 12ABL*saligna); (b) savane à Loudetia arundinacea. Relations between relative transpiration and the reserve of ground water for (a) an eucalyptus plantations and (b) a savannah.

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Vue de la station d’étude n°1 : une savane dominée à 90% par Lutetia arundinacea (hauteur moyenne de 1,5 m; biomasse maximale de 3,5 tonnes ha−1 et masse morte maximale de 4,6 tonnes ha−1, indice foliaire de 4,3; zone racinaire de 3 m; capacité au champ Rcc=363 mm; point de flétrissement permanent RPFP=181,8 mm; réserve utile RRU=181,2 mm). View of the first station studied.

Dans le texte
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Vue de la station d’étude n°2 : une futaie d’Eucalyptus (Eucalyptus PF1 et Eucalyptus 12ABL*saligna plantés en janvier 1992 à l’état de plantules issues de boutures, plantules d’environ 0,3 m de hauteur) de cinq ans plantés selon des rangs orientés sud-ouest avec un écartement de 4 m entre deux individus d’une même ligne et un écartement de 4,7 m entre deux lignes : hauteur moyenne de 24,2 m; circonférence moyenne de 53,4 cm; densité de 502 arbres ha−1; surface terrière de 11,0 m2 ha−1; indice foliaire de 3,2; volume de bois de 118,5 m3 ha−1; zone racinaire de 5 m; capacité au champ Rcc=617,6 mm; point de flétrissement permanent RPFP=309,2 mm; réserve utile RRU=308,4 mm. View of the second station studied.

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