Open Access
Issue
Climatologie
Volume 10, 2013
Page(s) 107 - 121
DOI https://doi.org/10.4267/climatologie.96
Published online 09 October 2015

© Association internationale de climatologie 2013

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Introduction

La péninsule bretonne, dont le climat est réputé humide, a connu par le passé des sécheresses importantes. Ces épisodes climatiques extrêmes ont eu des conséquences notables sur l’agriculture, notamment en 1976 et 1989 (Mounier, 1965 et 1977; Dubreuil, 1994 et 1997). Cette vulnérabilité a permis de rappeler que les sécheresses sont un risque pouvant sévir même en domaine océanique. L’agriculture occupant une part importante de l’économie régionale et nationale, il apparait stratégique de suivre l’évolution de cet aléa dans le contexte du changement climatique (CLIMATOR, 2010). Les études régionales sur le changement climatique sont rendues possibles par l’utilisation de modèles climatiques régionalisés. Ainsi, pour la France, la plus petite résolution de données régionalisées issues de modèles climatiques opérationnels est actuellement de 8 km. Cela permet de réaliser des études nationales sur le changement climatique, comme c’est le cas avec le programme CLIMSEC mené par Météo France (Soubeyroux et al., 2011). On peut également utiliser ces données pour des études régionales (Ducharne et al., 2003; Gibelin et Déqué, 2003; Somot, 2005; Déqué et al., 2005; Kamga et al., 2005; Pearce et al., 2005; Hewitson et Crane, 2006; Christensen et al., 2007; Déqué, 2007; Giorgi et Lionello, 2008; Commeaux et al., 2010; Lamy et Dubreuil, 2011; Piazza et al., 2011, Mérot et al., 2012).

Cependant, les conséquences du changement climatique à l’échelle des territoires français sont encore peu étudiées. Nous proposons ainsi une analyse régionale du risque sécheresse en domaine océanique dans le contexte du changement climatique. Les objectifs de ce travail sont de cerner les conséquences possibles du changement sur la fréquence et l’intensité des sécheresses d’après les données du modèle Arpège-Climat de Météo France et trois scénarios du GIEC : le scénario B1, optimiste sur l’augmentation des concentrations en gaz à effet de serre; le scénario A2, pessimiste sur ce point; et un scénario intermédiaire, A1B. L’originalité de la Bretagne, outre l’importance de la filière agricole, est qu’elle ne bénéficie pas de ressources hydriques souterraines importantes, comme cela peut être le cas dans le bassin parisien. La ressource en eau est principalement superficielle et la disponibilité de l’eau se situe donc essentiellement au niveau des sols, selon la taille de la réserve utile. La modélisation du bilan hydrique proposée ici intègre l’occupation du sol, pour cerner au mieux le comportement de l’eau à l’interface sol-atmosphère.

1. Enjeux historiques des sécheresses en Bretagne

L’agriculture bretonne est principalement orientée vers l’élevage et la polyculture, destinée avant tout à l’alimentation animale. La ressource en eau est donc utilisée pour la croissance et la maturation des cultures mais aussi pour la consommation du bétail. Les études antérieures ont montré l’intérêt d’étudier les sécheresses à l’échelle régionale à partir de méthodes de bilan de l’eau. La démarche adoptée ici mobilise donc l’agroclimatologie (et notamment un bilan hydrique simplifié) qui permet de comprendre la vulnérabilité du système agricole breton aux épisodes secs actuels et futurs.

Le climat général de la Bretagne (figure 1) est qualifié de tempéré océanique de façade ouest (Péguy, 1970; Mounier, 1979). Il se caractérise par des hivers doux et humides et des étés frais généralement moins arrosés.

thumbnail Figure 1

Précipitations moyennes annuelles en mm sur la période 1961-1990 (d’après Dubreuil et al., 2012, In Mérot et al., 2012); Hachures : 1 = deux mois subsecs (P<3T); 2 = un mois sec (P<2T). Mean annual rainfall in mm for the 1961-1990 period (according to Dubreuil et al., 2012, In Mérot et al., 2012); hatching: 1= two subdry months (P<3T); 2= one dry month (P<2T).

En janvier, les températures moyennes (1951-1980) sont généralement comprises entre 4 et 7°C, et en juillet-août, entre 15 et 20°C. Les précipitations annuelles, comprises le plus souvent entre 600 et 1000 mm, présentent une importante variabilité spatiale. Ainsi, Mounier (1977) estime que « le tiers à peine de la péninsule reçoit plus de 1000 millimètres d’eau par an ».

Le risque sécheresse a déjà été étudié dans le nord-ouest français suite aux grandes sécheresses de la seconde moitié du 20ème siècle, qui ont rappelé la sensibilité de ce territoire aux évènements secs. On distingue trois types de sécheresses : atmosphérique, définie par une absence de précipitations sur une période déterminée; pédologique, caractérisant un manque d’eau dans les sols pour la végétation; hydraulique, lorsque l’on atteint un étiage plus ou moins sévère des cours d’eau (Lambert, 1996). Dubreuil (1994) a réalisé le bilan hydrique de plusieurs stations de Bretagne afin de mettre en évidence, sur la période 1961-1990, le déficit moyen. Ces travaux indiquent un climat plus propice à la sécheresse pour la Bretagne méridionale et orientale (exemple de Lorient et de Rennes), par rapport à la partie occidentale de la région (exemple de Brest). Les grandes sécheresses qui ont marqué la France au cours du 20ème siècle (1921, 1976, 1959, 1989) ont également été ressenties en Bretagne, plus ou moins fortement selon les secteurs, les plus impactés étant généralement situés au sud et à l’est du territoire.

2. Méthodologie

La sécheresse atmosphérique s’estime facilement à partir de la quantité de précipitations tombée sur un secteur et sur une période donnée. Pour repérer les sécheresses pédologiques, la situation est plus complexe puisqu’il faut combiner les données climatiques avec des données pédologiques. Le bilan hydrique est dès lors particulièrement adapté au suivi des sécheresses des sols puisque, dans sa version complète, il intègre les précipitations, l’évaporation, l’écoulement (gravitaire et latéral) et l’humidité du sol et du sous-sol (Pédelaborde, 1968; Trzpit, 1978; Turc et Trzpit, 1985Entekhabi et al., 1992; Ritchie, 1998; Ciais et al., 2005; Cantat et al., 2010). Plusieurs études ont déjà utilisé cette méthodologie pour l’étude historique de ce risque en Bretagne (Mounier, 1965; Dubreuil, 1994 et 1997).

Le bilan hydrique permet de suivre la teneur en eau dans les réserves hydriques des sols à différents pas de temps. Il permet également le calcul d’un indice de sécheresse : le déficit d’évaporation (nommé ci-après DE), qui met en évidence les sécheresses pédologiques, évènements les plus impactant pour l’agriculture. Dans la version simplifiée du bilan hydrique, qui est utilisée dans cette étude, l’écoulement horizontal n’est pas pris en compte.

Pour ce travail, plusieurs jeux de données sont nécessaires au calcul du bilan hydrique (tableau 1). Les données climatiques utilisées sont des sorties désagrégées calculées par le CERFACS à partir du modèle ARPEGE-Climat retic (Pagé et Terray, 2010) et pour les trois scénarios B1, A1B et A2. Ce travail ne s’appuyant que sur un seul modèle climatique, il n’est pas permis d’inter-comparer différents modèles climatiques, ce qui pourrait amener une réflexion plus robuste sur les simulations. L’objectif est ici plutôt de proposer une réflexion méthodologique sur la spatialisation de l’aléa sécheresse en Bretagne à partir de simulations climatiques au cours du 21ème siècle.

Tableau 1

Caractéristiques des données en points de grille utilisées pour calculer le bilan hydrique. Characteristics of databases used to implement the soil water balance.

La désagrégation des sorties de modèles réalisée au CERFACS a été effectuée selon une méthode statistique qui repose sur les types de circulation (Pagé et Terray, 2010). La désagrégation s’appuie sur la base de données SAFRAN. Ces données de Météo France sont des hybrides entre la réanalyse et l’observation. Elles correspondent à une analyse méso-échelle sur la France métropolitaine, sur la période 1958-2008 (Quintana-Seguí et al., 2008). C’est leur résolution spatiale de 8 km qui a déterminé la résolution des sorties désagrégées calculées au CERFACS. Les sorties désagrégées ont, par ailleurs, une résolution temporelle journalière.

Les données climatiques sont associées à des données pédologiques, relatives à la taille de la réserve utile, pour calculer le bilan hydrique. Les informations pédologiques ont été établies dans le cadre du programme ‘Sols de Bretagne’ et fournies par le laboratoire Science du Sol, d’Agrocampus Ouest. Les données pédologiques ont une résolution spatiale de l’ordre de 2,5 km, liée aux campagnes de terrain (Lemercier et al., 2010). Pour amener plus de précision au bilan hydrique, un troisième jeu de données est intégré au calcul et concerne l’occupation du sol. Ces informations proviennent de la base CORINE Land Cover qui possède une résolution spatiale de l’ordre de 25 m (Büttner et al., 2002).

Ces trois jeux de données ayant des résolutions spatiales différentes, un choix a été fait pour déterminer la résolution spatiale optimale du bilan hydrique. Etant donné l’importance des données climatiques et afin de ne pas rajouter de biais à ces données, la résolution du bilan hydrique est la même que celle des sorties climatiques désagrégées, soit 8 km. Sur le plan technique, l’ensemble des traitements et calculs ont été réalisés sous ArcGIS et codés en langage Python.

3. Résultats

Les résultats présentés ici sont issus de bilans hydriques spatialisés et stationnels afin de proposer une analyse la plus complète possible sur les caractéristiques des sécheresses en Bretagne, dans le contexte du changement climatique. Ces bilans ont été calculés sur des périodes moyennes de 20 ans. Lorsqu’on souhaite travailler sur des valeurs moyennes, comme ici, on utilise généralement des périodes de 20 ou 30 ans, de façon à s’affranchir de la variabilité interannuelle. Nous avons choisi d’utiliser des périodes de 20 ans pour apprécier l’évolution du climat au 21ème siècle à partir d’un plus grand nombre de séries. Dans un premier temps, une comparaison des données simulées avec les données observées est effectuée : l’objectif est de confirmer la qualité des simulations pour une utilisation dans un contexte de suivi des sécheresses à une échelle régionale. Pour cela, le bilan hydrique est calculé à partir des seules données climatiques. Par la suite, les résultats concernant l’évolution du DE dans le temps et l’espace sont issus d’un bilan hydrique intégrant la diversité spatiale bretonne avec la taille réelle des réserves utiles et l’occupation des sols.

Deux approches complémentaires sont présentées pour analyser le déficit d’évaporation; tout d’abord, celle avec la spatialisation du déficit moyen estival à moyen et long terme. Puis, l’évolution du DE est détaillée mois par mois en 4 points de grille en secteur breton, de façon à analyser l’évolution saisonnière du déficit.

3.1. Analyse critique des biais du modèle par rapport aux données observées

Avant d’étudier les données futures, il convient de comparer les sorties du modèle ARPEGE-Climat en Bretagne, pour la période 1971-2010, avec les données observées du réseau de Météo France. La comparaison présentée ici focalise sur les précipitations et l’évapotranspiration du fait de l’importance de ces paramètres pour l’étude des sécheresses et également du fait du caractère “intégrateur” de l’ETP, puisqu’elle dépend de la température, de la vitesse du vent, de la pression, de l’insolation, de la radiation et de la pression de vapeur d’eau. En complément de l’analyse des précipitations et de l’évapotranspiration, on s’intéresse également à l’indice de sécheresse DE. Pour calculer cet indice, il est donc nécessaire de prendre en compte la taille de la réserve utile, afin de l’intégrer dans un bilan hydrique. Pour rester sur une comparaison climatique, la taille moyenne de la réserve utile en Bretagne, soit 125 mm (Mounier, 1965; Dubreuil, 1994), a été utilisée pour chacune des stations. L’évapotranspiration potentielle est obtenue selon la formule Penman-Monteith modifiée par Météo France (Ducharne, 2002) (cf. formule 1). Les données simulées correspondent aux sorties désagrégées CERFACS présentées plus haut.

(1)

Avec Δ la pente de la relation de Clausius-Clapeyron; γ la constante psychrométrique; U10 la vitesse du vent à 10 m; es – ea le déficit de la pression de vapeur d’eau; Rn le rayonnement net en surface; λ la chaleur latente de vaporisation de l’eau; τ la constante de temps.

Les données observées proviennent des séries du réseau Météo France. Du fait de ses limites et de son histoire maritime, la Bretagne possède plus de stations météorologiques sur la côte que dans les terres. Une sélection a donc été faite pour conserver les stations synoptiques en fonctionnement continu sur la période 1971-2010, situées sur la côte et dans les terres, pour avoir une période analysée cohérente. Des tests statistiques ont été réalisés pour s’assurer de la qualité et la stationnarité des séries de données. Dix stations ont finalement été retenues pour un test qualitatif des données simulées désagrégées (Lamy, 2013). La comparaison des données simulées et observées sur la période 1971-2010 porte sur différents paramètres climatiques, présentés dans le tableau 2.

Tableau 2

Valeurs annuelles (en mm) observées (obs) et modélisées (mod) pour les 10 stations retenues et pour les variables : P, précipitations, ETP, évapotranspiration potentielle, ETR, évapotranspiration réelle, DE, déficit d’évaporation, diff, différence entre modélisé et observé. Annual values in mm for observed (obs) and simulated (mod) data for the ten chosen meteorological stations for various parameters: P, rainfall, ETP, potential evapotranspiration, ETR, real evapotranspiration, DE, evaporation deficit, diff, differences between modeling and observed data.

Les différences d’évapotranspiration et de précipitations sont faibles pour la majorité des 10 stations, comprises entre -10 et +10% (tableau 2). Les différences sont plus importantes pour le déficit d’évaporation, à cause d’un cumul des biais dans la chaîne de calcul. Le DE étant obtenu à partir de l’évapotranspiration potentielle et réelle, les biais sur ces variables se cumulent et peuvent conduire à un biais plus important pour le déficit d’évaporation. Cependant, les différences observées pour l’indice de sécheresse P-ET sont également importantes et montrent ainsi que la modélisation du déficit d’évaporation est correcte et acceptable. La plupart des études (Déqué et al., 2005; Déqué, 2007; Lamy et Dubreuil, 2011) s’accordent sur la plus grande difficulté à modéliser les précipitations que les températures, ce qui s’observe dans le tableau 2 à la vue des taux de différences moindres pour l’évapotranspiration potentielle que pour les précipitations.

Au pas de temps mensuel, la plupart des stations ont un écart de déficit d’évaporation compris entre -12 et +7 mm, ce qui est acceptable pour un suivi des sécheresses. Les pics de différences se produisent essentiellement en juillet (5 stations) et en septembre (3 stations), un peu plus rarement en août et exceptionnellement en juin. On remarque ainsi une surestimation du déficit d’évaporation par le modèle au début de l’été (juin-juillet) du fait d’une sous-estimation des pluies. La sous-estimation du DE à la fin de l’été (août-septembre) est liée au biais froid du modèle (Bluhm et Plante, 2010). Les plus fortes surestimations apparaissent majoritairement pour les stations côtières, tandis que les plus fortes sous-estimations concernent, à l’inverse, principalement les stations plus continentales (Lamy, 2013). Les biais du modèle conduisent à des écarts majoritairement inférieurs à 10 mm par mois. Ce seuil étant acceptable pour obtenir une interprétation relativement robuste, cette étude permet de confirmer la faisabilité d’une utilisation des sorties des modèles ARPEGE-Climat pour une étude des sécheresses dans le contexte du changement climatique.

3.2. Evolution des sécheresses pédologiques en Bretagne au 21ème siècle

La diversité des climats bretons fait que toute la péninsule ne présente pas la même vulnérabilité face au risque sécheresse. Mounier (1965) et Dubreuil (1994) ont ainsi mis en évidence que le déficit d’évaporation estival est plus important dans l’est de la région par rapport à l’ouest (figure 1). Dans le contexte du changement climatique, on peut s’interroger sur ces différences spatiales actuelles qui pourraient s’amplifier ou se réduire. Les tendances régionales attendues sont présentées ici à partir de 3 scénarios du GIEC, à moyen et long termes. Pour prendre en compte la diversité du territoire breton, le bilan hydrique intègre ici la taille des réserves utiles réelles (fournies par le laboratoire Science du Sol d’Agrocampus Ouest) et l’occupation du sol (issue de la base CORINE Land Cover).

Le scénario B1 prédit, pour la période 2020-2039 (figure 2), une moitié ouest de la Bretagne moins sèche qu’à l’est, avec un déficit estival moyen compris entre 50 et 150 mm contre 100 à 200 mm à l’est. Les secteurs de Vannes et Redon connaitraient un déficit d’évaporation estival plus important que le reste de la Bretagne, avec des valeurs moyennes annuelles comprises entre 200 et 250 mm.

thumbnail Figure 2

Déficit d’évaporation estival en Bretagne d’après les scénarios B1, A1B et A2 pour la période 2020-2039. Evaporation deficit in Brittany for B1, A1B and A2 scenarios, for the 2020-2039 period.

Pour la fin du 21ème siècle (figure 3), le modèle prévoit une augmentation modérée de l’intensité des sécheresses par rapport à la période précédente. Au sud-est, l’augmentation serait plus marquée et l’on pourrait atteindre un déficit estival de l’ordre de 300 mm. Même en étant optimiste sur les futures teneurs en gaz à effet de serre, le scénario B1 prévoit une nette augmentation de l’intensité des sécheresses en Bretagne. Sur la période 2080-2099, des sécheresses de même intensité que celle de 1976 (déficit d’évaporation de 300 mm) seraient souvent atteintes dans la région de Redon et Vannes.

thumbnail Figure 3

Idem figure 2, mais pour la période 2080-2099. Same as in figure 2 but for the 2080-2099 period.

Dans le cas du scénario A1B, la situation serait quelque peu différente du scénario B1, dès 2020-2039 (figure 2). Sur cette période, le déficit d’évaporation estival serait relativement similaire entre les deux scénarios pour la partie ouest de la région, tandis qu’il serait plus élevé à l’est dans l’hypothèse du scénario A1B. Cependant, la différence d’intensité des sécheresses entre l’ouest et l’est resterait globalement similaire à la situation modélisée avec le scénario B1, soit un déficit d’évaporation estival moyen de 50-150 mm à l’ouest et de 100-200 mm à l’est. Le sud du Morbihan enregistrerait le déficit d’évaporation estival le plus important de la région avec des valeurs moyennes de l’ordre de 250 à 300 mm.

Au cours de la période 2080-2099 (figure 3), la Bretagne connaitrait des sécheresses encore plus intenses au niveau du littoral des Côtes d’Armor et de l’Ille-et-Vilaine, et le long de l’axe Saint-Brieuc / Vannes (DE compris entre 250 et 350 mm) ainsi que sur la moitié ouest de l’Ille-et-Vilaine (150-200 mm) et le nord du Finistère (100-200 mm). Le scénario A1B prévoit donc des sécheresses plus intenses que le scénario B1. De manière générale, l’intensité attendue des sécheresses au cours du 21ème siècle serait sensiblement identique pour les deux scénarios pour la moitié ouest de la Bretagne. La différence entre les deux scénarios concerne la moitié est de la région qui connaitrait des sécheresses plus intenses dans le contexte du scénario A1B avec une différence de déficit de 100 mm environ.

D’après le scénario A2, les sécheresses seraient légèrement plus intenses sur la période 2020-2039 en comparaison aux scénarios A1B et B1 (figure 2). Le déficit moyen de l’est et l’ouest de la région resterait du même ordre de grandeur que pour les deux autres scénarios. Il serait de 50-150 mm en moyenne à l’ouest et de 100-200 mm en moyenne à l’est. Au sud, le déficit serait un peu plus important, 200 à 250 mm en moyenne, sur un espace limité à la région vannetaise et au golfe du Morbihan, donc plus réduit que dans le cas du scénario B1. Le scénario A2 ne prévoit donc pas franchement une situation plus pessimiste que les deux autres scénarios pour la période 2020-2039.

Il faut attendre la période 2080-2099 pour observer des sécheresses plus intenses dans le cas du scénario A2 sur toute la région Bretagne. On aurait alors à la fin du 21ème siècle (figure 3), d’après le scénario A2, un déficit d’évaporation moyen compris entre 200 et 250 mm à l’ouest et entre 250 et 300 mm à l’est. Le scénario A2, qui prévoit les plus fortes concentrations en gaz à effet de serre des trois scénarios SRES étudiés ici, n’aurait donc pas pour autant des conséquences dramatiques en termes de sécheresses à moyen terme. La différence majeure du scénario A2 concerne l’assèchement des sols de l’ouest de la région qui serait plus intense que celui estimé par les projections des scénarios B1 et A1B à la fin du 21ème siècle.

C’est seulement sur les vingt dernières années que les scénarios se distinguent (figure 3). Sur cette période, on retrouve les caractéristiques majeures des scénarios : les sécheresses seraient plus intenses dans le cas du scénario A2 et moins intenses pour le scénario B1. Ces résultats révèlent ainsi qu’une augmentation en gaz à effet de serre même modérée (scénario A1B) aurait des conséquences notables sur le climat breton. Les sécheresses gagneraient en intensité au cours du 21ème siècle, pour atteindre régulièrement des seuils encore exceptionnels à l’heure actuelle. Le seuil de déficit d’évaporation de 300 mm qui correspond à l’intensité de la sécheresse de 1976 observée à Rennes, serait ainsi atteint très régulièrement à la fin du 21ème siècle dans le cas des scénarios A1B et A2 sur l’est de la région.

A partir de cette spatialisation du déficit d’évaporation, on remarque quatre tendances concernant l’intensité des sécheresses à l’échelle du territoire. A l’est, les sécheresses sont plus intenses qu’à l’ouest. Le littoral, notamment dans le sud, est plus sensible aux sécheresses que l’intérieur des terres.

3.3. Evolution mensuelle des sécheresses en quatre points précis du territoire

En complément des résultats précédents, on propose ici un suivi mensuel du déficit d’évaporation en quelques points de grille sur le territoire breton. Ces points de grille de 8 km de côté ont été choisis de façon à illustrer plus en détails les quatre grandes tendances observées à l’échelle de la région. Le premier point (48.062°N - 1.985°W) est situé en Ille-et-Vilaine à proximité de Rennes où l’occupation du sol est majoritairement orientée vers la culture de céréales. Le second (48.202°N - 2.970°W) est situé au centre de la Bretagne, dans les Côtes d’Armor, près de Pontivy, dans une région agricole à dominante céréalière et fourragère. Le troisième point (48.495°N - 4.093°W) est situé entre deux bois à proximité de Landivisiau dans le Finistère, dans un secteur agricole. Le quatrième point (47.689°N - 2.952°W) est situé au nord-est de Vannes dans le Morbihan, toujours en secteur à dominante agricole.

A partir des valeurs moyennes mensuelles calculées pour quatre périodes vicennales de référence (2020-2039, 2040-2059, 2060-2079 et 2080-2099), on peut remarquer que, pour le point de grille d’Ille-et-Vilaine, la durée de la saison déficitaire n’évolue ni dans le temps ni en fonction des scénarios (figure 4). Elle commence en avril avec un léger déficit d’évaporation (inférieur à 5 mm) et se termine en septembre. En revanche, au cours du 21ème siècle, le déficit d’évaporation mensuel augmenterait progressivement. Par exemple, pour le mois de juillet, il passerait de 60-65 mm en moyenne sur la période 2020-2039 (tous scénarios confondus) à 80-100 mm à la fin du siècle. A la fin de l’été, en septembre, le déficit augmenterait également de 20 mm environ entre les périodes 2020-2039 et 2080-2099. Sur la période 2020-2039, le déficit d’évaporation varie peu d’un scénario à l’autre (maximum de 15 mm), tandis que sur la seconde moitié du siècle, le modèle prédit plus de 20 mm de différence entre deux scénarios. Cela s’explique par des évolutions de températures assez proches entre les scénarios jusque dans les années 2070. Il faut attendre les années 2080 pour avoir des différences thermiques plus importantes d’un scénario à l’autre.

thumbnail Figure 4

Evolution mensuelle du déficit d’évaporation selon 3 scénarios pour 4 périodes du 21ème siècle pour un point de grille situé en Ille-et-Vilaine. Monthly evolution of evaporation deficit according to 3 scenarios and for 4 periods of 21st century for a gridpoint in Ille-et-Vilaine.

En comparaison du point de grille d’Ille-et-Vilaine, on voit que le mois de juin est nettement plus sec en centre Bretagne, avec un déficit moyen de 50 mm environ, sur la période 2020-2039, contre 20 mm en Ille-et-Vilaine pour cette même période (figure 5). A la fin du 21ème siècle, on pourrait ainsi atteindre un déficit d’évaporation compris entre 60 et 90 mm pour le mois de juin en Centre Bretagne. Pour le mois de septembre, les sécheresses pédologiques seraient légèrement plus intenses que celles vécues en Ille-et-Vilaine, puisque le déficit d’évaporation serait de 5 à 10 mm supérieur à celui modélisé pour la station d’Ille-et-Vilaine, pour toutes les périodes étudiées. L’augmentation du déficit mensuel au cours du 21ème siècle est notable. Les moyennes mensuelles estivales (de juin à août) seraient comprises entre 50 et 80 mm pour la période 2020-2039, entre 45 et 85 mm pour 2040-2059, entre 60 et 100 mm pour 2060-2079 et entre 65 et 120 mm pour la fin du siècle. La saison déficitaire, qui démarre en juin, apparait ici plus précoce que pour le point de grille d’Ille-et-Vilaine. Globalement, le déficit d’évaporation serait plus fort dans le contexte du scénario A2, mais ponctuellement, le scénario A1B prévoit des sécheresses plus intenses que le scénario A2.

thumbnail Figure 5

Idem qu’en figure 4, mais pour un point de grille situé en Centre Bretagne. Same as in figure 4 but for a gridpoint located in the center of Brittany.

Le déficit d’évaporation décrit par le point de grille du Finistère est plus faible que pour les deux autres points de grille (figure 6). Pour le mois de juillet par exemple, un pic de 60-70 mm est observé sur la période 2020-2039, qui augmenterait progressivement au cours du 21ème siècle pour atteindre, sur la période 2080-2099, entre 65 mm selon le scénario B1 et près de 110 mm d’après le scénario A2.

thumbnail Figure 6

Idem qu’en figure 4, mais pour un point du Finistère. Same as in figure 4 but for a gridpoint located in Finistère.

Sur la période 2020-2039 par exemple, le déficit en juin et août serait de 40 mm, puis pour la période 2040-2059, il serait compris entre 40 et 55 mm. Sur la période 2060-2079, il atteindrait 60 mm environ pour les mois de juin et août. Pour 2080-2099, le déficit d’évaporation en juin est compris entre 60 et 80 mm, le scénario A2 prévoyant ainsi une sécheresse pédologique nettement plus forte que les deux autres scénarios. Sur cette même période, pour le mois d’août, les valeurs attendues seraient de 60 mm d’après le scénario B1, de 70 mm selon le scénario A1B et 80 mm avec le scénario A2. Pour la période 2080-2099, c’est dans le contexte du scénario A2 que seraient observées les sécheresses les plus intenses.

On voit une nette augmentation des moyennes mensuelles de déficit d’évaporation au cours du siècle pour le point de grille du littoral morbihannais (figure 7). Cette observation concerne les mois de juin, juillet, août et septembre durant lesquels le déficit mensuel augmente de 20 à 40 mm en 60 ans. Pour le mois de mai, l’augmentation est moins marquée.

thumbnail Figure 7

Idem qu’en figure 4, mais pour un point du Morbihan. Same as in figure 4 but for a gridpoint located in Morbihan.

Les déficits d’évaporation prévus par les scénarios A1B et A2 sont assez proches pour les périodes 2040-2059 et 2060-2079. Pour la période 2080-2099, le scénario A2 prédit les sécheresses les plus intenses. Le littoral morbihannais connaitrait les plus forts déficits d’évaporation pour les mois de juillet et août sur la période 2020-2039, par rapport aux autres points de la région Bretagne étudiés ici. A la fin du 21ème siècle, ce serait toujours le cas avec un maximum en juillet de 120 mm de déficit, et 100 mm en août, contre 100-110 mm pour les autres régions étudiées en juillet et 80-90 mm en août.

Ces résultats ponctuels et spatialisés illustrant la dynamique des sécheresses en Bretagne dans le contexte du changement climatique, révèlent un assèchement plus intense et plus fréquent des sols au cours de l’été. Cette tendance influence la recharge automnale des réserves hydriques qui se trouve décalée d’un mois environ. Alors que les réserves hydriques sont entièrement remplies à la fin du mois de décembre actuellement, il faudrait attendre le mois de janvier pour faire le même constat à la fin du 21ème siècle.

Cette perte d’efficacité de la recharge en eau des réservoirs pédologiques pourrait affecter la partie superficielle de la dynamique du cycle de l’eau, liée aux écoulements. Cela pourrait en effet perturber les écoulements de surface qui alimentent le réseau hydrographique du territoire, ainsi que les zones humides et les nappes (Lambert, 1968; Pédelaborde, 1968).

Conclusion

Cette étude permet de mettre en évidence les évolutions possibles des sécheresses au cours du 21ème siècle, du fait des changements globaux dans la péninsule bretonne. Les conséquences du changement climatique sur les températures et précipitations impacteraient la teneur hydrique des sols.

Les bilans hydriques spatialisés mettent en évidence une conservation de la diversité spatiale de la vulnérabilité face à l’aléa sécheresse. La moitié est de la région connaitrait des sécheresses plus régulières et plus intenses qu’à l’ouest. Le littoral sud serait le secteur le plus sensible de Bretagne. Les bilans hydriques ponctuels montrent une augmentation de l’intensité des sécheresses au cours du siècle. Il faut attendre la seconde moitié du 21ème siècle pour distinguer des variations d’intensité des sécheresses prévues par les différents scénarios. Le scénario A2, qui repose sur une forte augmentation de la concentration en gaz à effet de serre, conduit logiquement aux sécheresses les plus intenses. Ainsi, dans le cas du scénario A2, le sud et l’est de la Bretagne pourraient connaitre à l’horizon 2100 des sécheresses d’intensité égale ou supérieure à celle de 1976 mesurée à Rennes, toutes choses égales par ailleurs. On aurait un risque notable de voir des sécheresses exceptionnelles par le passé devenir communes à l’horizon 2100. Ces changements pourraient entrainer un retard de la recharge automnale, pouvant alors altérer la dynamique superficielle de l’eau. Ces résultats sont cohérents avec les tendances mises en évidence par Météo France dans le cadre du programme CLIMSEC et basées sur un autre indice de sécheresse pédologique, le SSWI (Soubeyroux et al., 2011).

Une approche spatiale basée sur un bilan hydrique de résolution plus fine, à 1 km, est prévue à la suite de cette étude. Son objectif est d’affiner les structures infra régionales dont la vulnérabilité aux sécheresses a été mise en évidence par le bilan hydrique de résolution 8 km. Ce bilan de résolution kilométrique est également conduit selon une résolution temporelle plus fine, journalière, de façon à être plus proche du rythme des épisodes de sécheresse.

Remerciements

Nous aimerions remercier Christian Pagé du CERFACS pour nous avoir fourni l’accès aux sorties désagrégées du modèle climatique ARPEGE-Climat. Nous souhaitons également remercier Blandine Foucaud-Lemercier du laboratoire Science du Sol d’Agrocampus Ouest pour nous avoir transmis des données pédologiques couvrant le territoire breton, issues du programme ‘Sols de Bretagne’. Cette étude fait partie de travaux de thèse financés par la région Bretagne et qui s’intègrent dans le programme CLIMASTER (Changements climatiques, systèmes agricoles, ressources naturelles et développement territorial) financé par le programme PSDR GO (Programme Pour et Sur le Développement Régional en Grand Ouest) de l’INRA (Mérot et al., 2012).

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Liste des tableaux

Tableau 1

Caractéristiques des données en points de grille utilisées pour calculer le bilan hydrique. Characteristics of databases used to implement the soil water balance.

Tableau 2

Valeurs annuelles (en mm) observées (obs) et modélisées (mod) pour les 10 stations retenues et pour les variables : P, précipitations, ETP, évapotranspiration potentielle, ETR, évapotranspiration réelle, DE, déficit d’évaporation, diff, différence entre modélisé et observé. Annual values in mm for observed (obs) and simulated (mod) data for the ten chosen meteorological stations for various parameters: P, rainfall, ETP, potential evapotranspiration, ETR, real evapotranspiration, DE, evaporation deficit, diff, differences between modeling and observed data.

Liste des figures

thumbnail Figure 1

Précipitations moyennes annuelles en mm sur la période 1961-1990 (d’après Dubreuil et al., 2012, In Mérot et al., 2012); Hachures : 1 = deux mois subsecs (P<3T); 2 = un mois sec (P<2T). Mean annual rainfall in mm for the 1961-1990 period (according to Dubreuil et al., 2012, In Mérot et al., 2012); hatching: 1= two subdry months (P<3T); 2= one dry month (P<2T).

Dans le texte
thumbnail Figure 2

Déficit d’évaporation estival en Bretagne d’après les scénarios B1, A1B et A2 pour la période 2020-2039. Evaporation deficit in Brittany for B1, A1B and A2 scenarios, for the 2020-2039 period.

Dans le texte
thumbnail Figure 3

Idem figure 2, mais pour la période 2080-2099. Same as in figure 2 but for the 2080-2099 period.

Dans le texte
thumbnail Figure 4

Evolution mensuelle du déficit d’évaporation selon 3 scénarios pour 4 périodes du 21ème siècle pour un point de grille situé en Ille-et-Vilaine. Monthly evolution of evaporation deficit according to 3 scenarios and for 4 periods of 21st century for a gridpoint in Ille-et-Vilaine.

Dans le texte
thumbnail Figure 5

Idem qu’en figure 4, mais pour un point de grille situé en Centre Bretagne. Same as in figure 4 but for a gridpoint located in the center of Brittany.

Dans le texte
thumbnail Figure 6

Idem qu’en figure 4, mais pour un point du Finistère. Same as in figure 4 but for a gridpoint located in Finistère.

Dans le texte
thumbnail Figure 7

Idem qu’en figure 4, mais pour un point du Morbihan. Same as in figure 4 but for a gridpoint located in Morbihan.

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